dimanche 27 novembre 2011

IV. Les activités de l'église orthodoxe grecque de Bordeaux

IV.1.Les offices et les sacrements religieux


Le premier rôle de l’église, c’est la vie sacramentale : baptême, mariage, enterrement, liturgie, confession. La préparation des sacrements était inexistante. Un grand obstacle existait surtout au départ : la barrière de la langue. Jusque là, les prêtres célébraient tous et exclusivement en grec byzantin. Mais la réalité était autre : pour la deuxième génération de Grecs, ainsi que pour les familles issues de mariages mixtes, la langue grecque commençait à se perdre, voire à être incomprise. Aussi il fut nécessaire de s’adapter à la situation en introduisant le français dans les offices liturgiques.
Tous les dimanches, l'assistance compte en moyenne une cinquantaine de fidèles ; mais lors de grandes célébrations, en particulier à Pâques, la chapelle est trop petite pour contenir toute l’assistance. Une idée a été lancée d’agrandir sa façade Est, mais est restée au stade de projet, car elle comporte des risques : la dissymétrie qui pourrait dénaturer et briser l’harmonie originelle de l’édifice religieux.
Les Grecs de la Diaspora, malgré leur déracinement, perpétuent les traditions millénaires de l’église orthodoxe jusque dans leur foyer.


 
(une famille chypriote fêtant le Nouvel An orthodoxe grec à Bordeaux)

IV.2.La vie associative et les manifestations culturelles


L’organigramme de l’Association cultuelle grecque de Bordeaux est composée d’un un président (dans l’ordre chronologique : M. K. Galandis, M. J. Stavrianakos, M. Jean Polidès, M. Edouard Cagi-nicolau, Mme Angelica Bechlivanis, présidente actuellement en fonction), d’un vice-président, d’un trésorier, de secrétaires et de conseillers.
 
(Conseil paroissial de 2001 : de gauche à droite : Fotini Tsirigotis-Galet ; Michèle Tsalavoutas ; Emmanuel Kokonis (vice-président) ; Edouard Cagi-nicolaou (président) ; Père Théodore Papanicolaou ; Giorgos Tatas ; Nicolas Papaléonidas ; Sophie Gouyette-Tatas ; Jean Nicolaou)

En 1998, après l’aval des membres du conseil paroissial, l’Association grecque Saint Nicolas se scinda en deux : d’un côté, l' « Association cultuelle », dédiée principalement aux affaires de l’église grecque de Bordeaux ; de l’autre, l' « Association culturelle », chargée des manifestations culturelles relatives à l’hellénisme (conférences, concerts et danses traditionnelles, apprentissage culinaire, etc.). Il s’agit moins d’une séparation que d’une répartition plus cohérente des tâches, les deux associations travaillant toujours en étroite collaboration pour servir les idéaux de la Grèce et de l'Orthodoxie byzantine.
C’est le cas notamment pour l’organisation de la fête nationale grecque qui a lieu tous les ans le 25 mars, au Haillan ou à Bruges, sous l’égide du consulat grec de Bordeaux et de son consul, M. Takis Corfias (actuellement en fonction).
 
(à gauche, le père Théodore Papanicolaou ; à droite, M. Emmanuel Corfias, ancien Consul de Grèce à Bordeaux, lors de la fête nationale grecque du 25 mars 1975, à l’école Saint Genès)

 Cette grande manifestation réunit presque 600 personnes, des Grecs comme des Philhellènes de toute la région bordelaise, assistant à des spectacles et des festivités très appréciées auxquelles participent les deux Associations, les groupes philhellènes (l’Amicale « Philia » et la chorale du Haillan), par le passé les élèves de l’école élémentaire grecque. Jusqu’à très récemment, des groupes de danses folkloriques et des chorales venaient chaque année en provenance de Grèce (Trikala, Kalambaka, Psara) pour animer cet événement et la transcender par leur présence.  
Des excursions sont organisées par l’Association cultuelle, pour visiter Lourdes et d’autres lieux de culte, comme le monastère de la Transfiguration, à Terrasson, ou par le passé, l’église orthodoxe russe de Biarritz. Elles permettent de vivre pleinement la signification du mot « communauté » et de prolonger, dans un esprit fraternel, la réflexion théologique sur l’orthodoxie au-delà des murs de l’église grecque de Bordeaux.


IV.3.L’enseignement du Grec Moderne et le catéchisme orthodoxe


A travers l’action du recteur de l’église orthodoxe de Bordeaux, le grec moderne et l’enseignement catéchistique connut un essor significatif dans la région bordelaise. En effet, le père Théodore suivit des études théologiques au Grand Séminaire Catholique de Bordeaux. En 1985, il soutint le doctorat de l'Université sur « les idées pédagogiques de Katartzis », puis en 1993, le doctorat d'état à l’INALCO de Paris, ayant comme sujet « le personnage du prêtre dans la littérature néo-hellénique des XIXe et XXe siècles ». Fort de son cursus universitaire, il développa l'enseignement du grec moderne dans l’agglomération bordelaise, aussi bien pour l’usage des enfants que pour les adultes. Après avoir rassemblé un nombre d’élèves suffisant pour constituer une classe de grec moderne, les sœurs de « l'Institution de notre Dame » lui prêtèrent un local en 1980 ; ainsi sur un rythme bihebdomadaire (le mercredi et le samedi après midi), les élèves purent apprendre la langue et la civilisation grecques, et suivre parallèlement l’enseignement du catéchisme orthodoxe. Il occupa ensuite la place vacante de lecteur du grec moderne à l'Université Bordeaux III, en collaborant avec M. Tonnet. Il exerça sa fonction pendant dix-sept ans et la section de grec moderne connut une augmentation significative d’élèves.
Par la suite, il diffusa le grec moderne dans d’autres institutions, comme l'IUFM, ainsi que dans plus de vingt-quatre établissements scolaires de tous niveaux, profitant de l’occasion pour les jumeler avec des écoles et des universités de Grèce. C’est ainsi que, tous les ans, en moyenne 30 à 35 étudiants grecs viennent faire leur master ou leur doctorat dans les universités bordelaises.
 La propagation du grec moderne s’est poursuivie de même dans les milieux associatifs : la maison de l'Europe, l’école philomatique, le centre culturel du Haillan, de Martignas, de Camblanes, de Langoiran. Bordeaux est, sans aucun doute, l’une des villes les plus « hellénophones » de France.  

IV.4.Le dialogue œcuménique


Le débat œcuménique a considérablement évolué ces dernières décennies à Bordeaux, et le sujet est ancré définitivement dans les mœurs, même si certains membres du clergé catholique restent encore sceptiques sur la question. Le regard envers l'église orthodoxe grecque de Bordeaux, en tout cas, a énormément changé, et notre paroisse trouve désormais sa place aux côtés des autres confessions.
Dans la pratique, l’œcuménisme se manifeste par les célébrations interchrétiennes (lectures de vêpres, matines, multiplication des pains) qui ont lieu fréquemment à la Cathédrale de Bordeaux et qui permettent, outre un échange réciproque des particularités du culte propre à chacun, de montrer aux frères chrétiens la richesse de l’orthodoxie qui était méconnue en Occident.
 
(célébration œcuménique de la fête de l’épiphanie dans l’église catholique du Cap-Ferret ; janvier 2008)

Un groupe de paroissiens est chargé des relations œcuméniques et représente l’église orthodoxe dans toutes les manifestations qui se tiennent dans la région bordelaise, en dévouant leur temps à cette cause importante.
Depuis plusieurs années, l’œcuménisme est encadré politiquement à l’initiative et aux efforts entrepris par le maire de Bordeaux, M. Alain Juppé et ses collaborateurs, de convoquer, sur une base régulière, des réunions de travail en présence de tous les responsables religieux de la municipalité (catholique, orthodoxe, protestant, juif, musulman, bouddhiste). Leur but est d’instaurer un climat de confiance et de compréhension mutuelles visant à réduire significativement à terme toutes formes de discriminations sociales et de tensions interreligieuses.
L’œcuménisme, en tant que phénomène socio-religieux d’actualité, suscite l’intérêt constant des médias. L’église et la communauté grecque font souvent l’objet d’articles dans les journaux locaux (Le Sud Ouest et Le Courrier), de communications radiophoniques et de reportages télévisés (France 3 et TV7), pour lesquels on demande souvent au Père Théodore d’intervenir aux côtés des représentants d’autres confessions, comme Mgr. Ricard, l'Archevêque catholique de Bordeaux. Depuis septembre 2010, le père Théodore intervient hebdomadairement dans une émission de la Radio Catholique de France-Bordeaux (RCF), pour donner son humeur sur l'actualité religieuse du point de vue de l’orthodoxie grecque. Les séminaires catholiques de Bordeaux et de Bayonne l’invitent systématiquement pour parler de différents sujets, et récemment, il a donné une conférence sur « les repères historiques de l’orthodoxie », à l’Université du « Troisième Âge ». Il est intéressant de noter aussi que, depuis quelques années, des étudiants et des jeunes chercheurs de sciences politiques et en anthropologie ont pris comme sujet de mémoire l’église orthodoxe grecque de Bordeaux, intéressés par le microcosme communautaire qu’elle constitue et son interaction socio-politique au sein de la ville de Bordeaux. 

V.L’église orthodoxe grecque de Bordeaux de nos jours et dans le futur

V.1.La campagne de restauration et la modernisation des infrastructures


Depuis les années 2000, la paroisse orthodoxe grecque de Bordeaux s’est lancée dans une vaste entreprise de travaux de restauration et de consolidation, devenus au fil du temps indispensables pour le maintien et la remise à jour des infrastructures vieillissantes. Cela a débuté par la remise à neuf des canalisations en 2002, puis la construction d’un grand préau dans la cour extérieure. Récemment, la toiture de l'église vieille de cinq décennies a été entièrement restaurée, et ses murs extérieurs et intérieurs ont été repeints par des bénévoles, de même que le portail aux couleurs de la Grèce, la faisant ainsi rajeunir considérablement, tout en préservant son authenticité originelle. Elle s’est munie d’une porte de secours, d’une rampe et d’un garde-corps pour faciliter l’accès aux personnes handicapées et selon les normes en vigueur en matière de sécurité. Grâce aux subventions de la mairie de Bordeaux, l’église a pu goudronner, dans son intégralité, la cour de l’église et effectuer des réparations nécessaires.
Des fidèles effectuent hebdomadairement des tâches d’entretien de l’église et de sa cour, et d’autres sont au service de la maintenance de l’édifice et de ses annexes.
Au niveau historique et touristique, l’église orthodoxe grecque est inscrite depuis quelques années dans le patrimoine culturel de la municipalité de Bordeaux. Des visites sont régulièrement sollicitées par des écoliers, des groupes, et lors des célébrations œcuméniques, où les gens admirent en priorité la beauté de la chapelle et le havre de paix qu’elle incarne au milieu d’un environnement urbain densément peuplé. A l’occasion des journées européennes du patrimoine, 700 à 800 personnes visitent l’église par curiosité et en quête d’explications sur l'Orthodoxie et ses différences avec les autres confessions chrétiennes. Des personnalités de marque l’ont aussi visité : ainsi M. le Maire de Bordeaux, Alain Juppé et son épouse (qui a suivi des cours de grec dans l’école de la paroisse) à trois reprises ;
(à gauche, M. Alain Juppé, maire de Bordeaux, lors de la cérémonie des Vêpres d’Amour, le dimanche de Pâques)

Mgr. Ricard, archevêque de Bordeaux ; M. Andreas Mentzelopoulos, propriétaire du château Margaux ; mais aussi Sa Sainteté Cyrille Ier, actuel Patriarche de Moscou et de toutes les Russies ;
(Sa Sainteté, Cyril Ier, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies)



l’archevêque d’Amérique, Mgr Iakovos ;
(Mgr Iakovos, Archevêque d’Amérique, © Copyright Nikos Kalamaras)



l’archevêque d’Estonie et ancien évêque de Nice, Mgr Stephanos ;
(à droite, Mgr Stephanos, Archevêque d’Estonie et ancien évêque de Nice)



sans oublier la visite annuelle de notre métropolite orthodoxe grec, Mgr Emmanuel de France, actuel Président de l'Assemblée des Evêques Orthodoxes de France (AEOF) et de ses prédécesseurs, à l’occasion de la fête de l’église célébrée le 21 novembre.
(Mgr Emmanuel, Archevêque de France, Président de l’AEOF)

(Mgr Jérémie, second Archevêque de France, actuel Métropolite de Suisse)

 (Mgr Mélétios, premier Archevêque de France, célébrant un baptême, photo datée du mois d’octobre 1982)



Notons parallèlement que la communauté orthodoxe grecque de Bordeaux est allée à la rencontre du Patriarche Œcuménique de Constantinople, Sa Sainteté Bartholomée Ier, lors d’un pèlerinage à Lourdes.  


V.2.La composition cosmopolite de l’église orthodoxe grecque de Bordeaux





Un récent recensement de l’effectif de la paroisse a permis de dénombrer environ 385 familles orthodoxes résidant à Bordeaux, dont 220 sont grecques ou d'origine grecque. Les 165 autres familles témoignent du cosmopolitisme de la paroisse : Français, Russes, Roumains, Syriens, Libanais, Serbes, Bulgares, Albanais, Ethiopiens, Palestiniens sont un échantillon des différentes nationalités orthodoxes représentées. Dans ces conditions, la langue française tient toute sa place dans le bilinguisme, déjà évoqué, des offices liturgiques, au même titre que le grec byzantin ; le slavon est pratiqué aussi dans certaines prières. Le « Notre Père » est récité en plusieurs langues, pour satisfaire les différentes ethnies orthodoxes qui composent l’église, car il ne s’agit non pas d’une tour de Babel, mais d’une tour de la symphonie familiale paroissiale, où chacun se retrouve dans son élément.

Cependant, un phénomène est à noter : l’érosion de plus en plus visible de l’élément grec à l’église orthodoxe de Bordeaux, suite aux disparitions successives d’anciens piliers, et au désintérêt croissant des jeunes grecs des troisième et quatrième générations, qui ne ressentent pas la nécessité d’assister au culte et d’apprendre la langue grecque.





V.3.Les projets et les défis du futur  


L’église orthodoxe grecque se tourne vers l’avenir et doit relever les difficiles challenges qu’impose la modernité.

Le premier défi concerne le temps et le danger que l’histoire de l’église soit altérée avec l’âge, qu’elle soit mal transmise, et qu’elle finisse par être reléguée parmi les amnésies du temps. C’est dans ce sens qu’un véritable travail de mémoire historique a été entamé pour prévenir les maux de l’avenir, en laissant un héritage concret et valide aux générations futures.
(Stèle funéraire à la mémoire des Hellènes de la Communauté grecque de Bordeaux, derrière le sanctuaire ; don de M. Savvopoulos)



Déjà inscrite au patrimoine culturel, un groupe de paroissiens est entrain de constituer un dossier pour inscrire et classer l’église dans les monuments historiques de la ville de Bordeaux et la faire recenser parmi les lieux de culte du patrimoine français. On peut considérer que la présente conférence participe déjà de ce projet de reconnaissance historique de l’église grecque dans la grande histoire de la ville de Bordeaux.

Le deuxième défi concerne l’adaptation de l’église aux innovations technologiques. Bien équipée en bureautique et en logistique, l’église est entrée définitivement dans l’ère de l’internet avec la création en novembre 2010 d’un blog officiel qui lui est consacré (http://egliseorthodoxegrbx.blogspot.com/), et où l’on peut consulter les diverses activités paroissiales, de même que les actualités de l'Orthodoxie en France.

Le troisième défi consiste en l’amélioration continue des infrastructures de l’église avec, outre un éventuel agrandissement de l’édifice déjà évoqué, un projet de réaménagement de l’école élémentaire grecque (fermée par le ministère grec de l’éducation nationale suite à des restrictions budgétaires drastiques) en espace de réception, la rénovation en cours des toitures des bâtiments annexes, l’ajout d’un système de climatisation et de nouvelles installations électriques, conformes aux besoins actuels du sanctuaire. L’église espère aussi, dans un avenir proche, recouvrir ses murs intérieurs de fresques iconographiques (projet qui faillit se réaliser en 2006), mais le budget paroissial ne peut subvenir, pour l’instant, au coût très onéreux d’une telle réalisation. 

Enfin, le dernier défi, – et sans aucun doute, le plus difficile à relever –, concerne la permanence de la présence orthodoxe dans l’agglomération bordelaise, qui doit lutter face à la montée incessante de l’athéisme, du sectarisme et aux dégâts causés par la sécularisation qui continue sa propagation, et face aux mutations inévitables des mentalités sociales. Au cœur même de la paroisse grecque, un effort doit être entrepris pour endiguer l’absentéisme inquiétant des jeunes générations de Grecs, qui tournent de plus en plus le dos à l’église et à leur communauté centenaire.

______________________________________________________________________

Sincères remerciements aux contributeurs de l’historique de l’église :



Mme Irène Corfias-Lenclen ; Mme Photini Tsirigotis-Galet ; M. le Consul de Grèce à Bordeaux, Takis Corfias ; famille Nicolaou ; famille Papanicolaou ; Emmanuel & Suzanne Kokonis (mémoire éternelle) ; Mme Sophie Tatas-Gouyette ; M. Dimitris Katopodis.    

______________________________________________________________________

Pour citer la conférence :



Rev. P. PAPANICOLAOU, Théodore ; PAPANICOLAOU, Vassilaki, « L’évolution de l’église orthodoxe grecque de Bordeaux dans l’agglomération bordelaise », conférence tenue à La Mémoire de Bordeaux, de la communauté urbaine et de ses communes, Musée d’Aquitaine, 24 novembre 2011.

Mis en ligne le : 27/11/2011





vendredi 25 novembre 2011

Assemblée Clérico-laïque ordinaire de la Métropole Orthodoxe Grecque de France





Les membres de la Métropole Orthodoxe Grecque de France étaient convoqués en Assemblée Clérico-laïque Ordinaire, à la Cathédrale St Stéphane, du mardi 22 au mercredi 23 nov. inclus.


 A l'ordre du jour:

_Analyse de la situation financière et du fonctionnement de la Métropole, suivie des rapports moral et financier ;
_Approbation des comptes des exercices des années précédentes ;
_Discussions et réflexions sur les problèmes économiques des prêtres des paroisses ;
_Information de l'Association « Athénée » à Lyon ;
_Information sur la situation de la Fondation Educative de la Ste Métropole à Châtenay- Malabry ;
_Contribution annuelle de chaque paroisse et de chaque monastère aux frais du fonctionnement de la Métropole ;
_Election des membres du Conseil Diocésain et des corps administratifs de la Métropole ;
_Information sur le fonctionnement de l'immeuble sis à Sartrouville ;
_Information sur le fonctionnement du Camp d'été en Grèce et des Mouvements de jeunesse  de la Métropole ;
_Organisation et fonctionnement des paroisses de la Métropole ;
_Questions diverses.

Notre Paroisse était représentée par son Recteur, le Père Théodore Papanicolaou, et la Présidente de l’Association Cultuelle, Mme Angelica Bechlivanis. L'accueil fut exemplaire et les discussions se sont déroulées dans un climat très fraternel.

lundi 14 novembre 2011

Religioscopie sur le mot "blasphème"


A Paris, au théâtre de la ville,  puis au "104", la représentation d’une pièce de Romeo Castellucci, sur le concept du visage du Fils de Dieu, a généré des manifestations violentes en raison de son caractère blasphématoire. « L'art aussi doit respecter les convictions d'autrui », revendiquaient certains manifestants.

Dans ce cas de figure, un rappel étymologique n’est pas inutile : le mot « blasphème » vient du grec « blasphèmia » (βλασφημία), un nom composé de βλάπτειν, qui signifie « nuire » et de « φήμη », la réputation ; le mot, dans sa totalité, tend ainsi à désigner une parole ou un discours injurieux qui porte une atteinte grave à la divinité et à ses représentants. Il est transporté pour la première fois dans le domaine religieux par l'espagnol théologien Francisco Suárez, au XVIe siècle. En grec moderne, il peut dénoter un manque de respect dû aussi bien à une créature qu'à Dieu, une irrévérence à ce qui est considéré comme sacré ou inviolable.

Certains chrétiens, sensibles, n'acceptent pas que l'art puisse être l’instigateur d’une caricature et d’un blasphème autour de la personne sacrée de Jésus et des saints de la foi chrétienne. Le respect est une vertu nécessaire, de même que l’on s’efforce de ne pas offenser les croyances non chrétiennes. Cependant, dans de telles circonstances, les fidèles ont tout intérêt à relativiser et à bien méditer sur cet acte, sans vouloir aller à l'extrême, voire à la mort, selon la prescription de la loi abrahamique.

 Les lois « anti-blasphème » recèlent de défauts implicites qui sont la source des phénomènes d’abus des droits humains. Une définition claire et cohérente du blasphème est souvent reléguée aux abonnés absents, et, par conséquent, une grande marge de manœuvre est offerte sur un plateau aux procureurs, aux juges et aux accusateurs, souvent motivés par l’intérêt politique ou l’appât du gain personnel. De toute manière, le contexte politique ne joue pas un grand rôle, et les lois « anti-blasphème » prêtent le pouvoir de l’Etat à des autorités religieuses particulières et allument la mèche de l'extrémisme : car les agissements les plus conservateurs et intransigeants d'une communauté religieuse sont aussi ceux qui s'offensent le plus et cherchent les premiers à s'arroger le manteau de l'Orthodoxie et du christianisme.   .

Je terminerai donc par ce message : « Aimez et respectez autrui avec ses qualités et ses défauts, avec ses convictions ou non spirituelles! »

Père Théodore

mercredi 2 novembre 2011

La communauté grecque de Bordeaux dans le jt du 19/20 de France 3 Aquitaine



(Patientez quelques instants avant le démarrage de la vidéo)

Reportage sur la crise économique grecque et son impact sur la communauté hellénique de Bordeaux

Personnalités interviewées: Mme Angelica Bechlivanis, présidente de l'Association cultuelle grecque de Bordeaux; Mme. Marie-Hélène Vounatsos, présidente de l'Association culturelle grecque de Bordeaux; M. Takis Corfias, Consul de Grèce à Bordeaux. 

Journaliste: M. Lacoste, France 3 Aquitaine. 

lundi 31 octobre 2011

L'année 2012, une année de foi

                                                       

Le pape Benoît XVI a décrété une année de foi, débutant le 11 octobre 2012, pour célébrer les 50 ans du Concile Vatican II. Cette décision du saint père intervient suite à un diagnostique lucide, celui de la disparition progressive des valeurs chrétiennes qui perdent de plus en plus pied dans les sociétés occidentales ; à l’inverse, ailleurs dans le monde, la foi tend à s’émanciper et à suivre une évolution positive.

L'année de foi se terminera le 24 novembre 2013, lors de la fête de la solennité du Christ Roi universel. Les dignitaires religieux vont s’efforcer de faire de cette année de foi une année de grâce et d'engagement pour parvenir à la conversion totale à Dieu, pour renforcer et stimuler notre foi en Lui, et pour éveiller de nouveau la joie dans le cœur des hommes. Cette démarche régénératrice permettra une ouverture de l'Eglise sur le monde et son contexte moderne, sur le respect et la reconnaissance de la liberté religieuse, ainsi que sur le renouvellement de la liturgie et de la pastorale : en somme, il s’agit d’un processus d’évangélisation qui, pour être efficace, doit s’opérer de l'intérieur, dans l’organe interne de l'Eglise appelé à un renouvellement de son mandat, et qui prendra forme à travers la redécouverte et l'enthousiasme de la foi professée, célébrée, vécue et priée. L’effet suscité permettra en retour à chacun de nous un approfondissement de notre propre foi, une intensification du témoignage de la charité, un soutien à l’homme (car, justement, en lui se reflète le visage même du Christ), et un regard toujours neuf sur les merveilles que Dieu réalise pour nous.

Le monde d'aujourd'hui est en attente d'un témoignage crédible de tous les prêcheurs qui, éclairés dans l'esprit et dans le cœur par la parole du Seigneur, sont capables d'éclore, dans le cœur et l'esprit de beaucoup, le désir de s’unir à Dieu et de parvenir ainsi à la vraie vie, celle qui n'a pas de fin.

Père Théodore

lundi 24 octobre 2011

L'esprit œcuménique d'Assise

                                                         
Le 27 octobre 1986, en plein contexte de guerre froide, le pape Jean Paul II lança une invitation aux Représentants de toutes les religions à prier en communion pour la paix dans le monde. L’objectif de cette initiative qui prit comme siège la ville d’Assise, en Italie, trouva sa justification première dans l’influence dépérissante des religions sur la société. Mais, depuis les attentats du 11 septembre 2001, ce constat s’est ostensiblement inversé, car la scène internationale fut le témoin direct que les religions constituent un élément déterminant du contexte géopolitique.

Ces « rencontres » ont permis d’instaurer un dialogue spiritualisé à partir des valeurs universelles de la bonté du cœur, de la tolérance, de la compréhension mutuelle, en fixant comme mot d’ordre le refus de trouver dans la religion un encouragement aux guerres et aux conflits haineux. La Famille franciscaine n’a cessé d’œuvrer dans ce sens, en multipliant les rencontres interpersonnelles, les commissions de dialogue pour féconder et perpétuer l'esprit d'Assise.

Le choc des religions constitue l’une des grandes inquiétudes de notre époque, sans doute supérieure à celles provoquées par l'athéisme et la sécularisation. Plus qu’un symbole, Assise s’est constituée garante de la vocation qui incombe à l'Eglise dans un monde flagrant de pluralisme religieux, qui est celle de confesser l'unité du mystère du salut en Jésus Christ.

Aujourd'hui des croyants de toutes les religions, à l'exemple du prophète Elisée qui reçut en don le manteau d'Elie, se revêtent de l'esprit d'Assise qui, – pour reprendre la belle formule du cardinal Etchegaray –, « plane au-dessus des eaux bouillonnantes des religions et crée déjà des merveilles de dialogue fraternel ».

Que l'esprit d’Assise puisse inventer à la suite des Anges qui chantaient la nuit de Noël : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu'il aime"!

Que l'esprit d'Assise descende sur nous tous!

Père Théodore 

(En correspondance avec ce sujet, je vous invite à consulter l'interview de notre Métropolite, Mgr Emmanuel de France, à propos de l'Esprit d'Assise: http://www.aeof.fr/fr/articol_51591/linterview-du-metropolite-emmanuel-sur-le-dialogue-interreligieux-et-lesprit-dassise-.html)

lundi 17 octobre 2011

Les vingt ans de Sa Sainteté Bartholomée Ier à la tête du Patriarcat Œcuménique de Constantinople

                                               

Le 9 octobre dernier, Sa Sainteté Bartholomée Ier, à qui nous souhaitons rendre un hommage particulier, a fêté cinquante ans dans le service sacerdotal et vingt ans de travail infatigable, glorieux et exemplaire au siège patriarcal de l'Eglise Orthodoxe Œcuménique de Constantinople.  

Originaire de l'île d'Imbros et diplômé de l'Institut théologique de Halki, il fut ordonné diacre par le Métropolite Méliton. Il changea son prénom d’origine, Dimitrios Archontinis, pour prendre celui de Bartholomée, en mémoire d'un moine athonite de son île natale.

Il a énormément œuvré pour l'unité de toutes les églises orthodoxes locales et pour l’élargissement des relations interconfessionnelles. Dans ses démarches de porte-parole de l'Orthodoxie, il milite et défend toujours activement les causes qui affectent le Patriarcat, comme la réouverture de l'Ecole théologique de Halki, toujours fermée depuis 1971 par la Turquie. Il reste très sensible aux problèmes socio-politiques et notamment environnementaux qui lui valent son surnom de « Patriarche Vert ».

Dans son discours adressé au Patriarche au Mont Athos, le premier ministre grec, Georges Papandreou s’est dit impressionné par [son]  travail, [sa] force, [sa] persévérance, [son] abnégation; un combat inlassable pour faire connaître et reconnaître le Patriarcat Œcuménique et les valeurs grecques orthodoxes ».

Polyglotte empreint de sagacité, érudit accompli, il se classe parmi les hommes les plus instruits de notre époque. Son travail méthodique, sa droiture d’esprit, la pureté de ses pensées et son immense amour pour l'humain esquissent quelques traits de sa personnalité polyvalente. Les Grands de ce monde le considèrent avec respect et admiration. Ayant visité tous les pays orthodoxes, il a multiplié les rencontres avec les dirigeants politiques en ne manquant pas de leur délivrer constamment des messages humains de respect et de tolérance. En collaboration avec les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, il a su faire progresser le dialogue œcuménique dans un esprit d’ouverture et de partage mutuel des doctrines respectives de nos Eglises.

Que le Seigneur, notre Dieu, le protège et lui donne toujours la force, la sagesse et le courage pour continuer son œuvre immense et ô combien difficile!

Père Théodore