lundi 23 avril 2012

Christ est ressuscité! En vérité, il est ressuscité!




« Voici le jour que le Seigneur a créé, réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse » (Ps. 117,24). « L'Hadès de t'avoir rencontré dans les entrailles de la terre s'est attristé » (Isaïe 14,9). « Vraiment, le Seigneur a été ressuscité » (Luc 24,34).

En cette période pascale, l'hymnologie orthodoxe est d’une richesse spirituelle sans égale :
« Le Christ est ressuscité et les démons sont tombés, les anges sont dans la joie, la vie triomphe et personne ne sera dans le tombeau ; l'Hadès est secoué, le diable est en deuil ; le péché est mortifié, les esprits malins sont persécutés, et les hommes vivants sur terre montent au ciel; avec des bougies bien lumineuses, nous accueillons brillamment le vainqueur de la mort, l'immortel époux, le Christ ».

La résurrection est l’un des plus grands miracles, car nos espoirs se lèvent, nos envies, nos attentes également, et il nous est donné la garantie que nous aussi nous sommes ressuscités. Trambellas, un dogmatologue grec, disait: « Que de la résurrection résulte la nouvelle création et l'Anatolie de la nouvelle vie, vers laquelle avec le divin orgasme est jeté  par ce moment l'humanité ».

Le poète grec Veritis disait de son côté: « Sur la joie de la Résurrection, en notre intérieur, les ailes se plantent, et ensemble nous partons vers quelques pays lointains; que toutes les voix connues nous invitent à y aller. C'est la résurrection, et l'âme ne se sent pas  maintenant toute seule, comme la veille ; au début, quelqu'un marche à côté, il rend la croix plus légère, il essuie la sueur ».

En Russie, pendant la période de l'athéisme et du totalitarisme, une assemblée a défini comme obligatoire le minuit pascal. Le sujet des discours et des conversations était sans relation avec le thème de la résurrection. Ainsi, les chefs athées ont occupé plusieurs heures l'assemblée avec la conviction qu'ils avaient atteints leur but sournois de garder les fidèles éloignés des églises. Vers la fin de la séance, un responsable a invité l'assemblée à dire s'il y avait quelque chose à ajouter. Alors, un homme âgé, assez ému, a répondu: « Oui, je veux deux mots. Mes chers frères, Cristos voscrés! (« Christ est ressuscité »). Et toute l’assemblée a répondu d'une seule voix : Voïstino voscrés! (En vérité, il est ressuscité).

Ainsi, le cri de la Résurrection a désuni l'ambiance athée et a créé aux âmes des fidèles opprimés, mais libres, des sentiments de joie, d'espoir et d'allégresse. La lumière de la Résurrection les a éclairés cette nuit-là.

« Christ est ressuscité! »

Père Théodore

mercredi 11 avril 2012

Pourquoi les églises chrétiennes ne fêtent-elles pas Pâques à la même date?




Le calcul de la date de Pâques est complexe. Pâques doit tomber le premier dimanche qui suit la première pleine lune ecclésiastique du printemps, qui ne correspond pas toujours à la pleine lune astronomique ; sans compter que Pâques doit impérativement tomber entre le 22 mars et le 25 avril. Chez les païens, Pâques était la fête du printemps, et sa venue était source d'espoir et de renouveau. La renaissance de la terre, la longue nuit hivernale faisait place au jour, les arbres et les fleurs bourgeonnaient. Pour les Grecs, le printemps correspondait au retour des enfers de Perséphone sur terre, symbolisant la résurrection de la nature après l'hiver. La Pâques orthodoxe ne tombe pas en même temps que celle des chrétiens occidentaux. Nous, les orthodoxes, nous calculons la date de Pâques selon le calendrier Julien (Jules César en l'an 705 de Rome a.v. Jésus Christ) et les occidentaux selon le calendrier grégorien (du pape Grégoire XIII en 1582).
Dans les premiers temps de la chrétienté, Pâques était étroitement liée à Pessah. En 324, l'empereur Constantin convoque un concile à Nicée et, en 325, en fait généraliser la date au moment de l'équinoxe de printemps, afin de se séparer de la religion juive. Ainsi les chrétiens célèbrent la fête de Pâques le dimanche qui suit la pleine lune, venant après l'équinoxe du printemps. Il faut dire que les églises orthodoxes ont conservé le calendrier julien pour fixer la Pâques et les fêtes qui suivent. Mais les Slaves et d'autres conservent le même calendrier. En revanche, les Grecs (et d'autres) utilisent le calendrier grégorien pour les fêtes à date fixe (Noël).
Donc peu importe les raisons historiques de l'existence de deux dates pour Pâques, le but principal est de mettre en évidence le désir du peuple de l'église, corps mystique du Christ, d'agir pour obtenir un changement qui constituera un pas vers l'éternité de l'église. Les dates de Pâques ne coïncident pas pour cette année 2012, le C E C E F (Consul des Eglises Chrétiennes en France) propose d'organiser des rassemblements notamment le dimanche 15 Avril, dans la soirée. Ce message a été envoyé à tous les délégués de l'œcuménisme dans les différentes églises, afin, de célébrer ensemble, en 2012, le jour du Christ Ressuscité!

Père Théodore

lundi 2 avril 2012

Déclaration commune de "Bordeaux Partages" suite aux évènements de Toulouse, signée par Monsieur A. Juppé, Maire de Bordeaux, et les Représentants des Cultes à Bordeaux.




Lundi 26 mars, à la Mairie de Bordeaux, M. Alain Juppé, Maire de Bordeaux, et les Représentants des Cultes à Bordeaux, ont fait une Déclaration commune sur la tuerie de Toulouse. Ce travail interreligieux qui se fait depuis trois ans, sous l'égide de M. le Maire « Bordeaux Partages », a énormément contribué à l'ouverture du dialogue par des conférences publiques bien organisées, visant à la paix, au respect et à l'amour de l'autrui.

Bien entendu, nous sommes tous attristés et même préoccupés par les évènements  tragiques de Toulouse. Cette violence aveugle, qui a touché les innocents et surtout les enfants, ne peut susciter que les plus vives indignations et les émotions les plus profondes. Nous condamnons, collectivement, avec la plus grande fermeté, cet acte barbare, lançant un appel à l'unité, au vivre ensemble et à la solidarité des familles des victimes et de la communauté juive de Bordeaux éprouvée par ce drame.

 Désireux de poursuivre et de conforter le dialogue interreligieux, convaincus de la nécessité de mobiliser dans ce sens toutes les catégories sociales, et notamment les jeunes, nous avons décidé de consacrer la prochaine conférence interreligieuse et citoyenne à la thématique de la jeunesse, prévue au mois de novembre 2012.

 Il faut tout faire afin que les actes antisémites et racistes amènent une réponse commune et ferme de toute la République. Le monde entier a condamné la tuerie de Toulouse, un crime odieux qui exprime le dégoût pour l'horreur, une violence aveugle sans justification qui doit être condamnée sans réserve par le monde civilisé.

Père Théodore

lundi 26 mars 2012

Le décès de Chenouda III, primat de l' Eglise Orthodoxe Copte




Chenouda III (Nazir Gayed Roufaïl de son vrai nom), chef spirituel de l’Eglise orthodoxe copte, est mort le 17 mars dernier, à l’âge de 88 ans. Il fut le 117e primat sur le trône papal d'Alexandrie, laissant derrière lui des fidèles inquiets face à la montée de l'islamisme en Egypte.

Après de brillantes études au Caire, il est ordonné prêtre en 1955 et consacré évêque  en 1962. En novembre 1971, il est élu et intronisé pape d'Alexandrie et patriarche du siège de Saint Marc. Auteur des nombreux ouvrages de morale, de patristique et d'ecclésiologie, il est marqué par une rénovation profonde de l'administration de l'Eglise et une expansion sans précédent vers des communautés coptes hors d'Egypte. Exilé par Sadate d'Egypte, il ne revient au pays qu’à la suite de l'assassinat du Président.

En 1991, il est élu membre de la présidence du Conseil Œcuménique des Eglises, dont le siège est à Genève, et, en octobre 2000, il est désigné lauréat du prix UNESCO, pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Il est connu aussi pour son désaccord sur la doctrine du « subsistit in », issu du Concile Vatican II.

Le monde chrétien fait ses adieux à un grand pasteur de renommée internationale et à une grande figure chrétienne du XXe siècle. Proche de son peuple, connu pour ses talents liturgiques et pastoraux, c’est un prédicateur averti qui quitte son Eglise à un moment crucial, sachant que l'Egypte passe des moments difficiles quant au devenir de cette nation. Il disait que « l'Egypte n'est pas une nation dans laquelle  nous vivons, mais une nation qui vit en nous ».

 Le pouvoir militaire et les frères musulmans soulignent son patriotisme et ont participé à ses obsèques. De leur côté, le patriarche œcuménique Bartholomé et le pape Benoît XVI s'unissent spirituellement à la prière pour que « le Seigneur accueille ce grand pasteur »! Il est rare de voir les orthodoxes, les catholiques et les musulmans s'associer, dans un même hommage, pour un chef religieux.

Père Théodore

lundi 19 mars 2012

Dimanche de la vénération de la sainte croix




Le troisième dimanche du carême orthodoxe est appelé le dimanche de la « vénération de la Sainte Croix ». Il est remarquable que le thème de la Croix qui domine l'hymnologie de ce jour ait développé en des termes, non pas de souffrance, mais de victoire  et de joie. Les chants donnant le thème du Canon du dimanche sont issus de l'office pascal, et ce Canon est une paraphrase du Canon de Pâques.

Nous sommes à la mi-Carême. L'effort physique et spirituel, s'il est effectué de manière sérieuse et constante, commence à être pesant ; notre fatigue devient plus évidente ; on a besoin d'aide, d'encouragement.

Mais le Carême est notre propre crucifixion, notre expérimentation du commandement du Christ entendu dans l'évangile de ce dimanche : « si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à lui-même, prenne sa croix et me suivre » (Mat. 8, 34). Et Sa croix qui nous sauve donne non seulement signification, mais aussi puissance aux autres. Oui, par le jeûne, nous avons une sensation d'amertume à cause de notre négligence ou de notre découragement. Voici qu'est exposée la vivifiante croix, comme pour nous ranimer, nous soutenir, et nous encourager en rappelant les souffrances de notre Christ. Les Saints Pères de l'Eglise ont planté la croix vivifiante, qui nous procure fraîcheur et repos, et qui soulage les voyageurs fatigués. Au milieu des eaux, le divin Moïse jeta le bois pour les rendre douces ; au milieu du jardin d'Eden, se trouvait l'arbre de vie ; au milieu du Carême, les Saints Pères ont planté la Croix en commémorant l'avidité d'Adam; car, en ayant goûté la croix, nous ne muerons pas, mais serons vivifiés. Un hymne de ce jour dit ceci:


« Salut, vivifiante Croix du Seigneur, invincible trophée de la foi, porte du paradis, rempart de l'Eglise et réconfort des croyants; par toi fut abolie la puissance de la mort, par toi paraît l'antique malédiction, par toi nous sommes élevés de terre jusqu'au ciel, arme invincible qui chasse les démons, havre de salut et gloire des Martyrs, précieux ornement des moines saints  au monde, tu apportes la grâce du salut ».


Père Théodore

lundi 12 mars 2012

Deuxième dimanche du carême: Saint Grégoire Palamas




L'apôtre Paul exhorte tous les chrétiens de prier sans cesse « en commun », et le prophète David, même s'il était roi, avec tous les soucis que cette fonction suppose, dit : « je vois le Seigneur devant moi sans relâche », c'est-à-dire, noétiquement, au moyen de la prière, je vois le Seigneur en face de moi tout le temps.

Saint Grégoire le théologien nous incite non seulement à prier, mais aussi de demander à tout le monde à faire de même: les moines et les laïcs, instruits ou non, hommes, femmes et enfants, nous devrions tous les encourager à prier sans cesse.

 La contemplation profonde de Palamas lui fait aussi entrevoir ce qu'a pu vivre la Vierge Marie: avant de devenir la mère de Dieu, la Théotokos, elle a parcouru une ascension spirituelle. L'incarnation de Dieu est à la fois une juste réponse à l'humanité en prière et un don gratuit au-delà de toute mesure. La sainteté de Marie et sa maternité divine sont un contact avec la vie éternelle ; devenue mère de Dieu, elle est au contact du créée et de l'incréée, elle est médiatrice d'éternité.

Saint Grégoire Palamas insiste sur cet aspect expérimental de la grâce. Sa théologie  vise à défendre ceux qui vivent, dès à présent, des énergies divines ; énergies que les paroles  ne démontrent pas, mais qui restent néanmoins perceptibles dans les œuvres, celles du Christ et des saints à sa suite. Palamas confesse que, malgré la nécessité de la polémique, il éprouve des difficultés à écrire sur le thème de la déification de l'homme, précisément parce qu'il s'agit avant tout d'une expérience vécue et infime avec Dieu, d'une expérience qui dépasse donc tout entendement. Autrement dit, la synergie entre la volonté de Dieu et celle de l'homme donne l'union de l'homme à Dieu par le truchement de la prière fervente et incessante. Le but de l'homme est de devenir Dieu (théosis = divinisation), par la grâce de Dieu, et dans l'Esprit Saint.

Père Théodore

mardi 6 mars 2012

Dimanche du triomphe de l'Orthodoxie



Le premier dimanche du carême, l'Eglise Orthodoxe célèbre la victoire de l'orthodoxie sur l'iconoclasme, c'est-à-dire le rétablissement de la vénération des icônes au sein de l'Eglise. Cette fête fut instituée en 843.

Les chrétiens orthodoxes vénèrent les icônes parce qu'elles les placent dans la présence réelle de ce qu'elles représentent. Il s’agit d’« une vénération », et non d’« une adoration », car seul Dieu est adoré. Selon la doctrine de l'Eglise précisée au 7e Concile Œcuménique en 787 : « [...] l'honneur rendu à l'image va à son prototype, et celui qui vénère l'icône vénère la personne qui y est représentée [...] ».

Il est certain que l’iconoclasme fut une période tragique dans l'histoire de Byzance et de l'Eglise. « Byzance a vu des gens mourir pour les images », rappelle André Grabar. Mais la reine Théodora, gardienne de la foi, avec ses descendants habillés de pourpres, réfutant leurs erreurs illicites et imitant les rois pieux, se montrant plus pieuse que tous, avait restauré la vénération des icônes.

Le Fils, né du Père indescriptible, ne peut avoir d'image. Né de Marie, il a une image qui correspond à celle de sa Mère. Cette image n'est pas simplement humaine, car elle reflète la dignité paradisiaque de l'homme. Le nouvel Adam vient rétablir la ressemblance divine que le premier Adam, qui fut créé à l'image de Dieu, a perdue de sa chute. « Le verbe non descriptible du Père s'est fait descriptible en s'incarnant de toi, Mère de Dieu », dit la prière, «   ayant établi dans sa dignité originelle l'image souillée, il l'unit à la beauté divine ».

Ce dimanche sacre l'image. L'interdiction de toute représentation formulée et répétée dans l' Ancien Testament est levée par le Christ, pour son corps et les membres de son corps, c'est-à-dire sa mère et ses amis saints. Inséparable de son Fils, Marie est l'image suprême de cette nature déifiée qu'elle partage avec les saints. L'hymne forte de ce jour nous dit :


« Devant ta sainte icône, nous nous prosternons, Dieu de bonté, implorant le pardon de nos fautes, ô Christ notre Dieu, car Tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix, pour sauver ta créature de la servitude de l'ennemi, aussi dans l'action des grâces, nous Te crions: “Tu as rempli de joie l'univers, ô notre Sauveur, en venant porter au monde le salut” ».


Père Théodore

mercredi 29 février 2012

Visite des Soeurs du Monastère de la Transfiguration (Terrasson-Lavilledieu) à l'Eglise Orthodoxe Grecque de Bordeaux



Le dimanche 4 mars, de 9h30 à 11h30, les soeurs et des fidèles du monastère orthodoxe de la Transfiguration (Terrasson-Lavilledieu), métochion du monastère de Simonos-Petra au Mont Athos, dont le recteur est le père Elie, viendront assister et chanter à l'office de l'église orthodoxe grecque de Bordeaux. Une occasion exceptionnelle d'apprécier leur chorale à la voix angélique et au rythme typiquement byzantin. 

 

lundi 27 février 2012

Le dimanche du pardon



Les trois semaines du pré-carême se sont écoulées et s’ouvrent déjà le Triode qui s'achèvera le samedi saint pour les Orthodoxes. Nous entrons progressivement dans le jeûne et dans l'abstinence de tous les produits animaux et de leurs dérivés, et également dans l'esprit du repentir, de la metanoia, qui est bien plus important que le jeûne lui-même.

Les offices du carême conduiront les fidèles à entrer dans un temps totalement différent, qui va les renouveler entièrement. Les fidèles s'inclinent les uns devant les autres  pour se demander mutuellement pardon.

Les offices, comme le Grand Canon de Saint André de Crète, la liturgie des présanctifiés, l'office de l'acathiste à la Mère de Dieu, l'anaphore de Saint Basile par sa divine liturgie, sont tous d’une splendeur sans pareil. L'une des hymnes les plus connues est certainement la prière de Saint Ephrem, considérée comme la prière du carême. Elle est récitée à chaque office tout au long du jour, accompagnée des prosternations. Une sorte de radieuse tristesse parcourt tous ces offices qui sont plus longs, et dont la structure est différente de celles des offices qui ont lieu le reste de l'année. Les lectures bibliques sont fréquentes, mais moins celles du Nouveau Testament. Ceci rappelle que ce temps était le temps privilégié de préparation des catéchumènes au baptême, et que ces lectures servaient de catéchèses. Notons aussi que le jeûne a constamment eu lieu avec la conversion du cœur, le combat contre les passions et l'amour du prochain.

Notre Eglise, notre peuple, nous demandons tous le pardon de Dieu. Repentons-nous devant Lui, en révélant nos péchés à nos confesseurs, comme le prescrit la Sainte Eglise. Un repentir véritable, c'est aussi une foi ferme : tous les péchés que nous regrettons sincèrement et dans lesquels nous ne voulons pas retomber seront pardonnés par le Seigneur. C'est le commencement d'une vie nouvelle. « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur ».

Père Théodore