mardi 25 décembre 2012

Message de Noël 2012 de Son Eminence le Métropolite Emmanuel de France


 Le Christ de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit Lui-même, prenant la condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. (Phil 2, 6-7)

             Chers frères et soeurs en Christ,

             Aujourd'hui le mur qui nous séparait de Dieu est renversé et nous participons aux délices du Paradis! Notre esclavage séculaire prend fin en ce jour, car sur nous qui cheminions dans l'ombre de la mort, la lumière née de la lumière a resplendi. Le vrai Dieu né du vrai Dieu avant tous les siècles, le Verbe, Image immuable du Père divin, l'empreinte de son éternité, assume la condition d'esclave naissant dans le temps d'une Mère vierge, sans subir de changement. Le Dieu véritable demeure ce qu'Il était, assumant dans sa philanthropie ce qui lui était étranger, notre condition de mortel. Le Fils de Dieu en devenant Fils de l'homme manifeste au genre humain la bienveillance infinie de la Trinité à son égard. "Adam renouvelé avec Eve s'écrie: Sur terre est apparue la bienveillance de Dieu pour sauver le genre humain." (Stichères de prime)

            L'Avènement du Fils de Dieu dans la chair réalise et excède à la fois l'attente des Prophètes. L'Eglise l'atteste aujourd'hui en ses hymnes: "Toi qui pris la forme de l'humble créature faite de terre et qui, participant à notre pauvre chair, lui a communiqué la divinité, devenant homme et restant Dieu, toi qui relèves notre front, tu es saint, ô Christ et Seigneur." (Canon des latunes de la Nativité, Ode 3, 2)

            Comme les mages venus de Perse, admirons ce paradoxe qui humilie tous nos rêves de grandeurs et de domination! Contemplons la grotte et la mangeoire devant lesquelles ils furent frappés de stupeur en découvrant l'extrême pauvreté de Celui qui créa le monde et toutes ses richesses, "un nourrisson couché dans une mangeoire". Comme le dit l'Eglise en ce jour: "Ils furent saisis de stupeur non devant un sceptre ou un trône, mais devant Ton extrême pauvreté. Quoi de plus ordinaire que la grotte, en effet, et quoi de plus humble que les langes, dans lesquels resplendirent les trésors de ta divinité!(Hypakoï de la Nativité)

            En ces "mauvais jours" que nous traversons, frères et soeurs bien aimés, "sachons tirer parti de la période présente" (Eph 5, 16). "Saisissons l'occasion" qui nous est offerte en ce jour pour relever la tête! Ranimons notre espérance, puisque c'est dans ce qu'il y a de plus ordinaire et de plus pauvre que s'est manifesté le "mystère de Dieu dans lequel se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance" (Col 2, 3). 

            Oui, les "jours sont mauvais", comme le dit l'Apôtre. La crise économique qui s'est durablement installée dans notre pays, ne cesse de faire sentir ses ravages partout autour de nous. Qui d'entre nous n'a pas été touché de près ou de loin par le cortège incessant de malheurs et de revers qu'elle a engendrés. Les Etats semblent vaciller et le bonheur des peuples à jamais compromis. Les chrétiens semblent même être condamnés à disparaître en Orient, berceau de leur foi. La peur, l'angoisse et le désespoir, ces ombres de la mort, ont étendu partout leur empire. 

             Mais tous les maux que nous subissons ont leur source dans le coeur de l'homme contemporain qui a perdu toute relation avec son Créateur: "Car c'est du dedans, du coeur des hommes, que sortent les desseins mauvais" (Mc 7,21). L'Apôtre Paul ne nous avertit-il pas que "ceux qui veulent amasser des richesses", "tombent dans la tentation, dans le piège, dans une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent dans la ruine et la perdition" (1 Tim 6, 7-10). L'homme contemporain semble avoir oublié cette évidence salutaire: "Nous n'avons rien apporté dans le monde et de même nous ne pouvons rien en emporter"! Au contraire, pour s'être livré sans mesure à l'acquisition de biens passagers et pour se les êtres accaparés au détriment de leur prochain, "certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercés l'âme de tourments sans nombre". Mais ils portent également la responsabilité de la chute d'un grand nombre dans le malheur et dans le désespoir. 

            "Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu" (Mt 5,8), voilà la béatitude véritable à laquelle nous invite le Seigneur! C'est dans la pauvreté et le dénuement matériel ou moral, en toute pauvreté de coeur, que nous pourrons aller à la rencontre du Christ qui naît à Bethléem et voir naître en nous Celui qui vient "dresser sa tente parmi nous" (Jn 1,14), non pas à la manière d'un prince de ce monde, mais comme un étranger. Celui qui s'anéantit Lui-même, prenant la condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes, en se faisant pauvre et étranger, est venu sauver l'homme devenu étranger à Dieu et indigent de sa grâce divinisante. 

            C'est parce qu'il a volontairement partagé notre misère que nous trouvons en ce jour le motif de relever le front et de nous réjouir en proclamant: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre, bienveillante parmi les hommes" (Lc 2,14). 

           En mon nom personnel, et au nom de mes frères évêques, membres de l'Assemblée des Evêques Orthodoxes de France, je vous souhaite une très belle et lumineuse fête de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

                                                    Avec tous mes voeux paternels,

                                              Le Métropolite Emmanuel de France 

dimanche 23 décembre 2012

Message de Noël 2012 du Patriarche Oecuménique de Constantinople



bartholomaios
par la grâce de dieu archevêque de constantinople,
nouvelle rome, et patriarche œcuménique,
que la grâce et la paix de notre seigneur, dieu et sauveur jésus christ, auteur et gardien de la création, soient avec le plérôme de l’église.
                                                 * * *

          "Le Christ vient au monde, glorifiez-le (...) sur terre, voici le Christ, exaltez-le". Fêtons joyeusement l'ineffable condescendance de Dieu. Les anges nous précèdent en chantant: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté". 
          Toutefois, sur terre nous voyons et vivons des guerres et des menaces de guerres. Et pourtant l'annonce joyeuse n'est pas pour autant invalidée. La paix est vraiment venue sur terre en réconciliant Dieu et les hommes dans la personne de Jésus Christ. Malheureusement, contrairement à Sa divine volonté, les hommes nous ne nous sommes pas réconciliés entre nous. Nous nous comportons avec hostilité les uns envers les autres. Nous faisons preuve de fanatisme dans nos convictions religieuses et politiques; de cupidité dans l'acquisition de biens; d'expansionnisme dans l'exercice du pouvoir politique. De la sorte, nous sommes en conflit avec nos semblables. 
         En promulguant l'édit de Milan en 313, Constantin le Grand, empereur Romain éclairé, a décrété la liberté de pratiquer la foi chrétienne parallèlement à la pratique libre de toute autre religion. Depuis, mille sept cent ans se sont écoulés, mais malheureusement des chrétiens sont encore par endroits la cible de persécutions religieuses. 
        Parallèlement, les antagonismes économiques s'intensifient mondialement et l'appât du gain éphémère est promu en but capital. On fait mine d'ignorer les conséquences affligeantes de l'accumulation à outrance de la richesse des mains de quelques-uns et le grand dénuement auquel des populations entières sont réduites. Cette inégalité, qualifiée mondialement de crise économique, provient essentiellement de la crise éthique. Malheureusement, l'humanité n'attache pas d'importance, comme elle aurait dû, à cette crise morale. Pour excuser son attitude, elle invoque la liberté des transactions. Néanmoins, la liberté des transactions n'autorise pas le crime. Le comportement criminel n'est pas uniquement celui décrit dans les codes pénaux. C'est aussi celui qui, sans être stipulé dans la loi pénale, soutire la richesse d'autrui par d'habiles procédés. Tant que la loi n'est pas appliquée, les réactions des citoyens lésés se manifestent parfois de manière incontrôlée, perturbant la paix sociale. 
         Or, depuis notre Patriarcat oecuménique nous suivons attentivement les "signes des temps" où, de toute part, on "entend parler de guerres et de soulèvements", où "nation est dressée contre nation et royaume contre royaume", où surviennent "de grands tremblements de terre et en divers endroits des pestes et des famines, des faits terrifiants venant du ciel et de grands signes" (Lc 21, 10-12). Nous faisons nôtres les paroles de saint Basile: "Les deux principaux commandements de la charité consistent à être pénétré d'affliction et de douleur pour leur les choses qui sont nuisibles à la personne que nous aimons, et au contraire à nous réjouir de ses avantages en les procurant autant que nous le pouvons (...). Et il est visible que quiconque n'est point de cette disposition n'aime nullement son frère". En conséquence, depuis ce saint siège du Centre de l'Orthodoxie, nous proclamons la nouvelle année toute proche en tant qu'Année de la Solidarité Universelle. 
         Nous espérons ainsi sensibiliser le plus grand nombre possible de membres de la communauté humaine au problème du paupérisme généralisé et à la nécessité de prendre des mesures pour soulager les affamés et les malheureux. 
         En tant que chef religieux, nous demandons la coopération des personnes de bonne volonté et des Gouvernements pour réaliser sur terre la paix du Seigneur. La paix que les Anges ont annoncée, la paix que l'enfant Jésus apportait. Aspirant à cette vraie paix, qui surpasse toute intelligence, nous devons nous efforcer d'y parvenir en pratique, sans nous désintéresser des faiblesses, spirituelles et matérielles, de notre semblable pour qui le Christ est descendu dans le monde. 
         L'amour et la paix sont les qualités propres aux disciples et aux apôtres du Seigneur, ainsi qu'à tout chrétien. Dès lors, nous nous engageons et nous exhortons les uns les autres pour qu'au cours de cette Année de Solidarité Universelle, nous fournissons, en tant qu'individus et en tant que peuples, des efforts conscients pour atténuer les conséquences inhumaines des grandes inégalités et pour faire reconnaître de tous le droit des plus faibles à jouir des biens indispensables à la vie humaine. 
         Ainsi, dans la mesure de ce qui est humainement possible, nous verrons la paix se réaliser aussi sur terre. 
        Vénérant avec toute la création sensible et intelligente la venue sur terre du Fils et Verbe de Dieu, né de la Vierge, et nous prosternant devant l'enfant Jésus, notre illuminateur et sauveur, le défenseur de notre vie, nous nous demandons vraiment avec le psalmiste: "Puisqu' "il nous est né aujourd'hui un Sauveur", "le Seigneur, le tout-puissant, le roi de gloire" (Ps 24 (23), 10), nous les chrétiens "de qui aurions-nous peur ou devant qui tremblerions-nous?" (Ps 27 (26), 1).
          Nous prions et souhaitons de tout coeur que la nouvelle année 2013 soit pour tous une année de solidarité universelle, de liberté, de réconciliation, de bienveillance, de paix et de joie, et que le Verbe éternel du Père né dans la Grotte, lui qui unit les anges et les hommes dans un même ordre, et qui fit la paix sur terre, dispense à tous patience, espoir et force et qu'il bénisse tout le monde par les dons divins de Son amour. Amen. 

                                                    Du Phanar, Noël 2012
                               † bartholomaios de constantinople
                       fervent intercesseur de vous tous en dieu 

jeudi 20 décembre 2012

Fête de l'Epiphanie à Bordeaux



Traditionnellement, le 6 janvier est la fête de l'Epiphanie ou la Théophanie qui nous renvoie au baptême du Christ.

En 2013, cette fête "tombe" le premier DIMANCHE DE JANVIER. Aussi avons-nous décidé de renouveler l'expérience de l'année dernière, et après la messe, nous nous rendrons au Lac de Bordeaux tout proche
.
Le Père Théodore accomplira le geste symbolique du "Jeté de la Croix" dans les eaux du lac. Puis, pour ceux qui le peuvent, un repas nous réunira au Restaurant "La Ferme" tout proche. 
PRIX DU REPAS : 22 € par personne.

Pour une bonne organisation, merci d'adresser pour le 30 décembre dernier délai, votre règlement (chèque libellé à l'ordre de Eglise Orthodoxe Grecque Saint-Nicolas) à l'adresse de l'Eglise: 278, rue du Jardin Public/33300 Bordeaux.

Nous partirons tous ensemble de l'Eglise, après la messe, pour nous rendre à Bordeaux-lac PLAGE du CERCLE NAUTIQUE, puis nous nous rendrons au Restaurant tout proche : LA FERME, qui se situe 9, Avenue de Chavailles, 33520 BRUGES.

Nous vous espérons nombreux. Les personnes n'ayant pas de moyen de locomotion serons prises en charge par les personnes en ayant un. 

La secrétaire de l'église orthodoxe grecque de Bordeaux,
Irène Lenclen

lundi 10 septembre 2012

Journées Européennes du Patrimoine à Bordeaux


Dates / Horaires de visite de l'Eglise Orthodoxe Grecque de Bordeaux :

Samedi 15 septembre 2012: de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 19h00
Dimanche 16 septembre 2012: de 15h00 à 19h00

Adresse: 278, rue du Jardin Public (pour plus de précisions, cliquer sur la rubrique "Localisation")

jeudi 30 août 2012

Message du Patriarche Oecuménique Bartholomée Ier


bartholomaios
par la grâce de dieu archevêque de constantinople,
nouvelle rome, et patriarche œcuménique,
que la grâce et la paix de notre seigneur, dieu et sauveur jésus christ, auteur et gardien de la création, soient avec le plérôme de l’église.
* * *
Frères et enfants bien-aimés en le Seigneur,
Dieu, qui créa l’univers et forma la terre pour en faire un habitat idéal pour l’être humain, lui a donné l’ordre et la faculté d’accroître, de multiplier, de la remplir et l’assujettir, d’être le maître du monde animal et végétal. (Gn 1, 28-30.)
Notre monde environnant nous a été donné par le Créateur comme un domaine d’activité sociale, mais aussi de sanctification, pour hériter de la création qui sera renouvelée au siècle futur. L’Église Mère, la sainte Grande Église du Christ, vit toujours suivant cette thèse théologique qui est la sienne. Il est donc notoire que notre très saint Trône œcuménique plaça mon humble personne en tête de l’effort écologique destiné à la protection de notre planète que nous faisons beaucoup souffrir sciemment ou pas.
La biodiversité, produit de la toute-sagesse de Dieu, ne fut certes pas livrée au pouvoir discrétionnaire de l’homme. Assujettir la terre et tout ce qui s’y trouve signifie que l’homme use et jouit rationnellement des biens offerts et non pas qu’il détruise ou épuise les ressources naturelles par cupidité.
Toutefois, surtout de nos jours, on observe une exploitation à outrance des ressources naturelles ayant pour effet de détruire l’équilibre environnemental des écosystèmes et, en général, des conditions environnementales, de sorte que les conditions que Dieu posa pour la vie de l’homme sur terre se dégradent. Par exemple, nous constatons tous, scientifiques, chefs religieux et politiques, l’humanité tout entière, que la température de l’atmosphère augmente, que des pluies diluviennes se déclarent, que les écosystèmes terrestres et marins sont pollués, et généralement que dans certaines régions du monde la vie est perturbée, parfois même totalement compromise.
Voyant et évaluant empiriquement les périls que fait peser sur l’humanité une telle dégradation des conditions environnementales, déjà du temps du patriarche Dimitrios, notre prédécesseur d’éternelle mémoire, l’Église Mère établit le 1er septembre de chaque année comme journée de prière pour l’environnement.
Nous devons toutefois admettre que les changements environnementaux douloureux ne sont pas causés par Dieu, mais par l’homme. Par conséquent, l’Église et nous prions Dieu, le Seigneur des seigneurs et Celui qui dirige tout d’améliorer les conditions environnementales. Cette imploration est essentiellement une demande de pénitence de l’humanité pour le péché commis qui consiste à détruire les biens de la terre, au-lieu d’en jouir avec raison et circonspection afin de préserver la durabilité de ses ressources.
En priant Dieu et en Lui demandant de préserver l’environnement terrestre approprié à la vie humaine, nous prions en substance Dieu de changer la mentalité des puissants de la terre et de les éclairer pour qu’ils ne détruisent pas l’écosystème terrestre pour des raisons de profit économique et d’intérêt éphémère. La même chose vaut cependant aussi pour tout un chacun, car chacun de nous, à son échelle, cause de petites destructions environnementales, autant que son manque de bon sens lui permet.
Par conséquent, en priant pour l’environnement, nous prions pour que chacun de nous fasse pénitence de sa petite ou grande part au dommage ou à la destruction de l’environnement que nous vivons dans l’ensemble comme une somme d’interventions préjudiciables mineures à l’origine des phénomènes cruciaux et désastreux déclenchés à des moments imprévisibles et en des lieux différents.
Nous adressons au monde et à l’humanité tout entière cet appel, prière et exhortation depuis le centre sacré de l’Orthodoxie. Nous implorons le Seigneur dispensateur de tout bien, Lui qui nous gratifia du don de vivre sur notre planète le paradis terrestre, de parler aux cœurs des hommes, pour que nous respections l’équilibre de l’environnement Qu’il nous légua dans Sa toute-sagesse et bonté, afin que nous et les générations futures bénéficiions des dons divins dans le remerciement et l’action de grâce.
Nous prions Dieu qui, dans sa Sagesse, Paix et Puissance, créa, sauvegarde et dirige la création aspirant à son salut dans les fins dernières, de préserver l’environnement qui contribue continuellement à la prospérité de l’homme et qu’Il conduise efficacement les bons ouvrages de nos semblables qui œuvrent dans ce sens. Et nous implorons Sa Grâce et Son infinie Miséricorde sur tous les hommes, notamment sur ceux qui respectent et gardent la création.
1er septembre 2012

† Bartholomaios de Constantinople
fervent intercesseur auprès de Dieu

lundi 25 juin 2012

Le message final du troisième forum européen catholique-orthodoxe





A Lisbonne, du 5 au 8 juin 2012, a eu lieu le rassemblement européen catholique-orthodoxe, qui a eu pour thème "La crise économique et la pauvreté: Défis pour l'Europe d'aujourd'hui". Les délégués des conférences épiscopales catholiques et orthodoxes européens ont discuté la question de la crise économique et ses répercussions en Europe à la lumière de la foi chrétienne.



 Il est certain que les Européens aujourd'hui souffrent directement, en particulier par le chômage, l'absence de perspective et d'espérance. Donc ils sont très inquiets au sujet de leur avenir. Nos Eglises restent à l'écoute de ces souffrances et de ces inquiétudes. Elles veulent adresser à leurs fidèles un message de confiance et d'espérance dans la providence Divine et la capacité de corriger les erreurs du passé, dessinant les lignes d'un avenir de justice et de paix. Dans son histoire, l' Europe a fait appel plusieurs fois aux ressources de la pensée et de la morale chrétienne, de la Bible, de la tradition patristique, y compris dans la doctrine sociale de l'Eglise, qui constituent le trésor que les peuples partagent. Quelle est la place et le rôle humain dans la création, dans la société et dans la  vie économique en particulier.



L'homme doit trouver son accomplissement en Dieu son Créateur et Sauveur. Des idéologies matérialistes et hédonistes leur ont proposé des visions réductrices, faisant croire que le bonheur pouvait s'acquérir pour l'accumulation des biens, que la liberté consistait à la satisfaction de tous les désirs, et la vie en société pouvait résulter de la conjugaison de tous les intérêts privés.



La crise actuelle est aussi une crise morale et culturelle, et plus profondément d'une crise anthropologique et spirituelle. Elles se sont adressées surtout au seul agent du changement capable de faire évoluer nos sociétés  vers un nouveau style de vie: le citoyen de nos pays européens. S'il comprend la nécessité vitale d'un changement par rapport à ses habitudes de consommation, ses représentants dans les instances parlementaires le suivront, l'industrie s'adaptera  à ses nouveaux choix, l'éducation enseignera un nouveau modèle, la citoyenneté sera plus sobre et plus solidaire envers les pauvres.



Enfin, l'homme européen aura la joie de raviver ses racines chrétiennes et de cultiver la dimension spirituelle de son être, la seule capable de combler sa recherche de bonheur et du sens.


Père Théodore

mardi 29 mai 2012

Les enseignements de Saints de l'Eglise aident-ils à la guérison de l'âme?



Il me semble que le terme psychothérapie est quasiment contemporain et qu'il est très utilisé  pour la psychiatrie pour indiquer la méthode qui suit pour soigner les névrosés. Il est bien certain que des psychiatres ne connaissent pas l'enseignement de l'Eglise et ne veulent pas l'utiliser et puisque leur anthropologie est très différente de l'anthropologie et de la sotériologie patristique. Il faut citer les Pères néptiques et sociaux qui ont vécu dans l'ascèse et la vigilance intérieure, purifiant leur nous (« esprit ») et, simultanément, ils conduisirent comme pasteurs le peuple de Dieu. Ces hommes, parvenus à la déification, sont des Saints  que Dieu a choisis pour paître son peuple.

Les Pères de la Philocalie représentent une matière abondante et leurs textes mystiques constituent une collection et une leçon de vérité lumineuse et très inspirée de l'expérience ascétique vécue et sanctifiée de devines figures que l'esprit Saint et vivifiant resplendit.

Beaucoup est dit aujourd'hui sur les problèmes psychologiques. Je crois que les problèmes psychologiques ainsi nommés sont surtout les problèmes des pensées passionnées, du nous enténébré et d'un cœur impur. Le cœur impur, comme décrit par les Pères, un nous obscur et ténébreux et pensées passionnées sont la source des susnommés problèmes psychologiques.

Quand une personne est guérie intérieurement, quand elle a découvert la place de son cœur, lorsqu'elle a purifié la partie noétique de son âme et libéré son intelligence qu'elle s'est "purgée" des passions, alors elle n'a pas de problèmes psychologiques. Elle vit dans la paix  bénie et non troublée du Christ.

Bien sûr, avec la réserve que les corps aussi naturellement peut être malade sous l'effet de la fatigue, de l'épuisement nerveux, de l'affaiblissement et de l'usure corporelle. Et tous ces états influent douloureusement sur l'âme humaine et ils peuvent être une cause de dépression psychologique et de maladies neuropsychologiques.

Je crois que la Tradition de l'Eglise a une grande importance par notre époque, car elle seule peut libérer l'homme et le guérir de l'angoisse et de l'insécurité qui proviennent de la mort de l'âme.

Père Théodore

samedi 26 mai 2012

Les pères de l'Eglise (patrologie)


La théologie désigne à la fois l'ensemble des doctrines chrétiennes et leur étude systématique. On parle aussi de théologie calviniste ou luthérienne – protestante donc.

Dans l'Eglise Orthodoxe, la théologie n'est pas considérée comme une discipline  spéculative et déductive, mais comme la connaissance expérimentale d'un Dieu qui se manifeste à sa Création. Le titre de « théologien » n'est d'ailleurs attribué qu'à trois saints seulement : St Jean l'Evangéliste, St Grégoire de Nazianze et St Siméon le nouveau théologien.

A la fondation de l'Eglise chrétienne, dès l'époque apostolique, il fallait d'abord que l'Evangile et l'Eglise s'incarnent d'une façon nouvelle dans le monde gréco-romain qui semblait alors continuer une unité compacte. En réalité, sous son vernis extérieur de culture  gréco-romaine, se cachaient des différences fondamentales dans le caractère national des Romains et des Grecs, des Syriens et des Egyptiens, qui, tous, faisaient partie d'un même Empire forcément centralisé : la pax romana. Le Latin aime les idées claires et précises. Il s'intéresse surtout à la vie concrète et à ses problèmes, au droit et à l'Etat. Le Grec est plus porté sur la théorie, la vision du divin, il aime la spéculation et les discussions théologiques. Pour lui, le monde concret est une manifestation du divin, alors que pour le Latin, c'est le résultat d'une action divine ayant en soi sa propre valeur et avec lequel il faut se mesurer. Le Grec voit dans l'homme l'image de Dieu, qui doit se conformer à Dieu par une transfiguration  de plus en plus profonde. Le Latin voit dans la vie humaine une activité et une marche de l'homme vers Dieu.

Avec l'évolution historique de l'Occident et de l'Orient, dans un sens très différent, on comprend que l'Eglise ait acquis ici et là une physionomie. C'était ainsi qu'on trouva  finalement face à face une orthodoxie grecque et un catholicisme latin, ce qui ne signifie pas  forcément une opposition. Car il était normal que l'Eglise en tant que mystère s'incarne différemment, de par sa vocation d'universalité, et que, tout en gardant partout l'essentiel, elle prenne dans chaque peuple un visage nouveau. Mais l'opposition et la rupture sont intervenues, parce que chacune des deux parties a cherché à se poser en absolu et à imposer l'autre sa façon de voir comme étant la seule valable.

Mais le corps humain a deux poumons qui doivent oxygéner le précieux vase, le christianisme dans sa splendeur et sa richesse.

Père Théodore

jeudi 24 mai 2012

Travaux de rénovation de l'église orthodoxe grecque de Bordeaux


         La communauté hellénique cultuelle de Bordeaux vient d'achever récemment l'une de ses plus grandes campagnes de travaux. Notre église et ses annexes ont retrouvé une seconde jeunesse et un nouvel éclat. Voici un récapitulatif des chantiers réalisés: 

L'église

_Installation d'un système de climatisation réversible, qui met fin aux problèmes d'humidité et à la noirceur récurrente des murs à l'intérieur de la chapelle
_Rénovation et mise en norme des installations électriques 
_Ajout de spots éclairants à l'intérieur et à l'extérieur de la chapelle
_Peintures intérieures de la chapelle: blanc cassé sur les murs; gris sur les soubassements; bleu égéen au plafond; bleu ciel sur l'iconostase (remerciements à Marius et à Olivio)   

Les annexes
 

_Peintures extérieures des annexes de la même couleur que l'église, blanc ton pierre (remerciements à l'artisan peintre grec, Lazaros Dimitriou (tél:055636970; 0640176928) et à son ami Philippe, à Muriel Mansencal et Yann Chassagne, à Andrei et Oleg). 

L'ancienne école

_Pose d'un magnifique parquet flottant et de plinthes (remerciements à Andrew Nicolaou et à toute sa famille, qui ont passé 3 jours entiers pour réaliser ces travaux).  
Ces travaux sont destinés au réaménagement de l'ancienne école  (fermée depuis deux ans, suite à la décision du ministère de l'éducation nationale grecque) en salle de réception, qui pourra être louée à l'occasion des baptêmes ou des mariages (un communiqué sera fait bientôt). Il est prévu à cet effet, dans les semaines qui viennent, de repeindre la salle, d'y ajouter une porte coulissante qui donnera directement accès à la cuisine de l'ancien presbytère. 

La communauté hellénique cultuelle de Bordeaux tient à remercier très sincèrement tous les ouvriers et les bénévoles qui ont contribué à l'accomplissement de ces travaux, à l'amélioration des infrastructures de l'église, mais aussi ses paroissiens, sans qui tout ceci n'aurait pu être réalisé.

Cette campagne a aussi un coût très onéreux pour notre paroisse. Si vous souhaitez faire une donation à l'église, vous pouvez envoyer un chèque à l'ordre de l' "Association cultuelle orthodoxe grecque Saint Nicolas" et à l'adresse suivante:

Eglise Orthodoxe Grecque de Bordeaux
278 rue du Jardin Public 
33300 Bordeaux 
France


Vous trouverez ci-dessous un diaporama des divers travaux effectués:  



mercredi 23 mai 2012

Diaporama: Vendredi Saint - Pâques 2012

(Remerciements à Marie-Christine Dupont pour les photographies).

mardi 22 mai 2012

La question du mariage religieux des homosexuels



L'Eglise Orthodoxe est complètement opposée à la bénédiction des couples homosexuels. Elle refuse de bénir ou de cautionner spirituellement une telle union et s'est déclarée contre un tel mariage. Les responsables lyonnais des cultes catholique, juif, musulman, protestant, orthodoxe et arménien se sont prononcés contre la cérémonie homosexuelle et l'homoparentalité, dans un communiqué du 6 février 2008.

"Notre société", dit Mgr Ricard, "ne saurait mettre sur le même plan l'union d'un homme et d'une femme, qui est ouverte sur la naissance de nouveaux êtres, et celle de deux semblables qui ne l'est pas. "Le mariage  assure le renouvellement des générations, ce qui n'est pas le cas d'une union entre personnes du même sexe".

La Bible nous enseigne que le mariage comporte deux éléments: la complémentarité et la fécondité. L'homme et la femme, dans leur complémentarité, sont pleinement l'image du Dieu. L'alliance de l'homme et de la femme est l'image de l'alliance du Christ et de l'Eglise (Eph. 5,21-33).

Si se marier était uniquement l'union de deux personnes et la constitution d'un couple stable, on pourrait comprendre que les couples homosexuels aient le droit de se marier religieusement. Mais la réalité humaine  et sociale du mariage ne se réduit pas à la  constitution d'un couple, il comporte la complémentarité et la fécondité, la procréation des enfants. Ces deux éléments manquent au couple et au mariage homosexuel.

Dieu bénit l'homme et la femme. Il leur dit: "Soyez féconds et multipliez-vous", car  l’homme et la femme sont orientés vers l'enfant. Ainsi leur union et leur unité participent à la création. Leur union aboutit à engendrer des enfants qui, ressemblant à leurs parents, seront donc à la ressemblance de Dieu (Gn.5,3).

Une des premières pages de la Bible nous montre le rôle capital de la femme auprès de l'homme : compagne et soutien; semblable à lui, elle est égale à lui en dignité.

Père Théodore

lundi 14 mai 2012

"Ensemble pour l'Europe"




250 communautés et mouvements chrétiens disséminés sur tout le continent mettent en synergie leur courage et leur richesse, pour renforcer la solidarité, la paix, la justice, et la liberté, et construire ensemble l'avenir.

Chrétiens, tous ensemble, nous devons dire:

Oui à la vie, à la famille, à la paix, à la création ; oui à une économie équitable et responsable envers toute la société. Il s’agit d’un pacte d'amour partagé inspiré par l' Evangile, pour dépasser ensemble les frontières.
Il s’agit pour nous d'unir des personnes de nations, de cultures, de langues et de niveaux sociaux différents, en nous appuyant d’abord sur la force créatrice de la jeunesse.  De cette communion des forces peut jaillir une impulsion nouvelle pour la vie sociale, politique et culturelle.

Cette union des mouvements issus des différentes confessions chrétiennes veut contribuer pour sa part à un nouvel élan œcuménique .

L'Europe va mal; elle doute du présent et de l’avenir. Pourtant, de nombreux citoyens européens croient à l'Europe et à la grandeur de son destin. Sous le titre "Ensemble pour l'Europe", ils se sont unis pour répondre à ce défi. Ensemble, nous pourrons nous adresser au monde politique, au  monde des médias et de la culture et  dialoguer avec eux. 

Par ce dialogue, par cette interpellation, par les valeurs que nous défendons, nous voulons jouer un rôle dans le vivre ensemble et la politique européenne.

Un chemin pour l'unité de l'Europe, c'est possible. Oui, l’Europe, par le dialogue, constitue bien une valeur dans un monde globalisé.

Père Théodore

lundi 23 avril 2012

Christ est ressuscité! En vérité, il est ressuscité!




« Voici le jour que le Seigneur a créé, réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse » (Ps. 117,24). « L'Hadès de t'avoir rencontré dans les entrailles de la terre s'est attristé » (Isaïe 14,9). « Vraiment, le Seigneur a été ressuscité » (Luc 24,34).

En cette période pascale, l'hymnologie orthodoxe est d’une richesse spirituelle sans égale :
« Le Christ est ressuscité et les démons sont tombés, les anges sont dans la joie, la vie triomphe et personne ne sera dans le tombeau ; l'Hadès est secoué, le diable est en deuil ; le péché est mortifié, les esprits malins sont persécutés, et les hommes vivants sur terre montent au ciel; avec des bougies bien lumineuses, nous accueillons brillamment le vainqueur de la mort, l'immortel époux, le Christ ».

La résurrection est l’un des plus grands miracles, car nos espoirs se lèvent, nos envies, nos attentes également, et il nous est donné la garantie que nous aussi nous sommes ressuscités. Trambellas, un dogmatologue grec, disait: « Que de la résurrection résulte la nouvelle création et l'Anatolie de la nouvelle vie, vers laquelle avec le divin orgasme est jeté  par ce moment l'humanité ».

Le poète grec Veritis disait de son côté: « Sur la joie de la Résurrection, en notre intérieur, les ailes se plantent, et ensemble nous partons vers quelques pays lointains; que toutes les voix connues nous invitent à y aller. C'est la résurrection, et l'âme ne se sent pas  maintenant toute seule, comme la veille ; au début, quelqu'un marche à côté, il rend la croix plus légère, il essuie la sueur ».

En Russie, pendant la période de l'athéisme et du totalitarisme, une assemblée a défini comme obligatoire le minuit pascal. Le sujet des discours et des conversations était sans relation avec le thème de la résurrection. Ainsi, les chefs athées ont occupé plusieurs heures l'assemblée avec la conviction qu'ils avaient atteints leur but sournois de garder les fidèles éloignés des églises. Vers la fin de la séance, un responsable a invité l'assemblée à dire s'il y avait quelque chose à ajouter. Alors, un homme âgé, assez ému, a répondu: « Oui, je veux deux mots. Mes chers frères, Cristos voscrés! (« Christ est ressuscité »). Et toute l’assemblée a répondu d'une seule voix : Voïstino voscrés! (En vérité, il est ressuscité).

Ainsi, le cri de la Résurrection a désuni l'ambiance athée et a créé aux âmes des fidèles opprimés, mais libres, des sentiments de joie, d'espoir et d'allégresse. La lumière de la Résurrection les a éclairés cette nuit-là.

« Christ est ressuscité! »

Père Théodore

mercredi 11 avril 2012

Pourquoi les églises chrétiennes ne fêtent-elles pas Pâques à la même date?




Le calcul de la date de Pâques est complexe. Pâques doit tomber le premier dimanche qui suit la première pleine lune ecclésiastique du printemps, qui ne correspond pas toujours à la pleine lune astronomique ; sans compter que Pâques doit impérativement tomber entre le 22 mars et le 25 avril. Chez les païens, Pâques était la fête du printemps, et sa venue était source d'espoir et de renouveau. La renaissance de la terre, la longue nuit hivernale faisait place au jour, les arbres et les fleurs bourgeonnaient. Pour les Grecs, le printemps correspondait au retour des enfers de Perséphone sur terre, symbolisant la résurrection de la nature après l'hiver. La Pâques orthodoxe ne tombe pas en même temps que celle des chrétiens occidentaux. Nous, les orthodoxes, nous calculons la date de Pâques selon le calendrier Julien (Jules César en l'an 705 de Rome a.v. Jésus Christ) et les occidentaux selon le calendrier grégorien (du pape Grégoire XIII en 1582).
Dans les premiers temps de la chrétienté, Pâques était étroitement liée à Pessah. En 324, l'empereur Constantin convoque un concile à Nicée et, en 325, en fait généraliser la date au moment de l'équinoxe de printemps, afin de se séparer de la religion juive. Ainsi les chrétiens célèbrent la fête de Pâques le dimanche qui suit la pleine lune, venant après l'équinoxe du printemps. Il faut dire que les églises orthodoxes ont conservé le calendrier julien pour fixer la Pâques et les fêtes qui suivent. Mais les Slaves et d'autres conservent le même calendrier. En revanche, les Grecs (et d'autres) utilisent le calendrier grégorien pour les fêtes à date fixe (Noël).
Donc peu importe les raisons historiques de l'existence de deux dates pour Pâques, le but principal est de mettre en évidence le désir du peuple de l'église, corps mystique du Christ, d'agir pour obtenir un changement qui constituera un pas vers l'éternité de l'église. Les dates de Pâques ne coïncident pas pour cette année 2012, le C E C E F (Consul des Eglises Chrétiennes en France) propose d'organiser des rassemblements notamment le dimanche 15 Avril, dans la soirée. Ce message a été envoyé à tous les délégués de l'œcuménisme dans les différentes églises, afin, de célébrer ensemble, en 2012, le jour du Christ Ressuscité!

Père Théodore

lundi 2 avril 2012

Déclaration commune de "Bordeaux Partages" suite aux évènements de Toulouse, signée par Monsieur A. Juppé, Maire de Bordeaux, et les Représentants des Cultes à Bordeaux.




Lundi 26 mars, à la Mairie de Bordeaux, M. Alain Juppé, Maire de Bordeaux, et les Représentants des Cultes à Bordeaux, ont fait une Déclaration commune sur la tuerie de Toulouse. Ce travail interreligieux qui se fait depuis trois ans, sous l'égide de M. le Maire « Bordeaux Partages », a énormément contribué à l'ouverture du dialogue par des conférences publiques bien organisées, visant à la paix, au respect et à l'amour de l'autrui.

Bien entendu, nous sommes tous attristés et même préoccupés par les évènements  tragiques de Toulouse. Cette violence aveugle, qui a touché les innocents et surtout les enfants, ne peut susciter que les plus vives indignations et les émotions les plus profondes. Nous condamnons, collectivement, avec la plus grande fermeté, cet acte barbare, lançant un appel à l'unité, au vivre ensemble et à la solidarité des familles des victimes et de la communauté juive de Bordeaux éprouvée par ce drame.

 Désireux de poursuivre et de conforter le dialogue interreligieux, convaincus de la nécessité de mobiliser dans ce sens toutes les catégories sociales, et notamment les jeunes, nous avons décidé de consacrer la prochaine conférence interreligieuse et citoyenne à la thématique de la jeunesse, prévue au mois de novembre 2012.

 Il faut tout faire afin que les actes antisémites et racistes amènent une réponse commune et ferme de toute la République. Le monde entier a condamné la tuerie de Toulouse, un crime odieux qui exprime le dégoût pour l'horreur, une violence aveugle sans justification qui doit être condamnée sans réserve par le monde civilisé.

Père Théodore

jeudi 29 mars 2012

lundi 26 mars 2012

Le décès de Chenouda III, primat de l' Eglise Orthodoxe Copte




Chenouda III (Nazir Gayed Roufaïl de son vrai nom), chef spirituel de l’Eglise orthodoxe copte, est mort le 17 mars dernier, à l’âge de 88 ans. Il fut le 117e primat sur le trône papal d'Alexandrie, laissant derrière lui des fidèles inquiets face à la montée de l'islamisme en Egypte.

Après de brillantes études au Caire, il est ordonné prêtre en 1955 et consacré évêque  en 1962. En novembre 1971, il est élu et intronisé pape d'Alexandrie et patriarche du siège de Saint Marc. Auteur des nombreux ouvrages de morale, de patristique et d'ecclésiologie, il est marqué par une rénovation profonde de l'administration de l'Eglise et une expansion sans précédent vers des communautés coptes hors d'Egypte. Exilé par Sadate d'Egypte, il ne revient au pays qu’à la suite de l'assassinat du Président.

En 1991, il est élu membre de la présidence du Conseil Œcuménique des Eglises, dont le siège est à Genève, et, en octobre 2000, il est désigné lauréat du prix UNESCO, pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Il est connu aussi pour son désaccord sur la doctrine du « subsistit in », issu du Concile Vatican II.

Le monde chrétien fait ses adieux à un grand pasteur de renommée internationale et à une grande figure chrétienne du XXe siècle. Proche de son peuple, connu pour ses talents liturgiques et pastoraux, c’est un prédicateur averti qui quitte son Eglise à un moment crucial, sachant que l'Egypte passe des moments difficiles quant au devenir de cette nation. Il disait que « l'Egypte n'est pas une nation dans laquelle  nous vivons, mais une nation qui vit en nous ».

 Le pouvoir militaire et les frères musulmans soulignent son patriotisme et ont participé à ses obsèques. De leur côté, le patriarche œcuménique Bartholomé et le pape Benoît XVI s'unissent spirituellement à la prière pour que « le Seigneur accueille ce grand pasteur »! Il est rare de voir les orthodoxes, les catholiques et les musulmans s'associer, dans un même hommage, pour un chef religieux.

Père Théodore