vendredi 18 mars 2011

Le séisme au Japon et les conséquences des explosions des centrales nucléaires

                                                          
Rendons hommage aujourd’hui à la dignité et au courage du peuple nippon face à la catastrophe biblique qui l’a frappé vendredi dernier. L’Eglise orthodoxe souhaite exprimer sa sincère solidarité à l’égard des victimes et de leurs familles, durement éprouvées et dont l’avenir suscite la plus vive inquiétude.

 Des prières s’élèvent de toute part pour les disparus et ceux qui sont encore en danger par les épiphénomènes du séisme. Hélas, les explosions des réacteurs nucléaires, conséquentes aux tsunamis, révèlent, à un degré exacerbé, le cauchemar dans lequel le Japon est plongé.

Nous respectons la science, mais à l’inverse de l’énergie atomique si nocive pour la survie de l’humanité, d’autres formes d’énergie, inoffensives et respectueuses de l’environnement, répondent aussi aux attentes de nos besoins énergétiques quotidiens. Dieu, notre Créateur, nous a offert le soleil, l’air, les mers et les océans, à partir desquels nous pouvons produire de l’énergie. Faut-il se tourner alors vers des entreprises si dangereuses ? Risquer de commettre un outrage à la nature qui, à son tour, se venge sur l’humain ?

Une volonté politique est nécessaire pour mettre de côté les intérêts énergético-économiques des grandes nations. Nous devons sauver notre planète et laisser un environnement propre à nos descendants, tel que nous l’avons trouvé à notre naissance. Nous n’avons pas le droit de penser égoïstement en ne respectant pas notre sol. La nature ne nous appartient pas ; Dieu nous la prête pour y vivre et admirer la merveille du cosmos. Il procède de la volonté libre de Dieu de faire participer les créatures à Son être et à Sa bonté. Respecter les lois inscrites de la création découle de la nature des choses et constitue donc un principe de sagesse et un fondement moral.

Chrétiens, prions avec ferveur pour le peuple japonais, ami affligé et éprouvé, afin que le Dieu universel lui apporte force et courage et qu’un séisme d’une telle magnitude ne reproduise plus une catastrophe de cette envergure.

Père Théodore

vendredi 11 mars 2011

L’ouverture du Grand et Saint Carême

Dans le Livre des Hymnes, appelé « Triode » chez les Orthodoxes, on chante : « il est ouvert le stade des vertus, y entre ceux qui veulent s’exercer au combat du Carême, préparez-vous ». D’après les propos de notre Patriarche Œcuménique, « ce stade se trouve de tout temps ouvert depuis le moment où le Seigneur de Gloire très miséricordieux a daigné assumer notre nature humaine ». Il appelle, dès lors, tout homme à prendre part aux dons innombrables de la Grâce du très Saint Esprit et, tout particulièrement, en ce temps béni du Carême.

Tout Chrétien reçoit la grâce du Saint Esprit par le saint mystère du baptême. Celui qui désire conserver cette grâce s’efforce d’écouter avec son âme les liens du siècle présent et de s’approprier le trésor caché de la vie véritable. L’âme parvient avec succès à cette lutte spirituelle, elle manifeste en proportion le don divin de la grâce, à savoir la bonté du Seigneur, cachée de ses tréfonds.

Ainsi le Carême est un commencement continu, une reconnaissance, une rénovation spirituelle de l’homme. L’hymne dit que « … le jeûne du corps, l’abstinence de la nourriture, s’ils ne sont pas accompagnés par la purification des passions et la lutte spirituelle, ne procurent point d’amendement à nos vies ».

De plus, les commandements de Dieu nous décrivent le juste usage que toutes les forces de notre âme, en harmonie avec tous les biens matériels, procurent des sources de joie en vérité, ainsi que des bienfaits pour la vie de l’homme.

Notre Dieu est le chemin, la vérité et la vie. Il demeure pour l’éternité, là où les inventions des hommes orgueilleux ne sont que mensonges. Ou, pour reprendre les mots de Saint Diadoque : « rien n’est plus pauvre que l’intellect qui, sans Dieu, traite en philosophe ce qui est de Dieu ».

A l’entrée du Carême, nous nous devons, sans céder ni à la crainte, ni à la nonchalance, d’avancer vers le stade spirituel, avec courage et avec toutes les forces de notre âme. Nous purifierons ainsi nos âmes et nos corps de toute impureté et parviendrons alors au Royaume des Cieux, lequel est offert dès cette vie présente à tous ceux qui le recherchent en toute sincérité et du fond de leur âme.

Père Théodore 

dimanche 6 mars 2011

Les notions de pénitence, de repentir, de péché ont-elles progressivement disparu ?

                                                         
  « Ouvre-moi les portes de la pénitence, ô Toi qui donnes la vie… », chante l’Eglise Orthodoxe, à l’occasion des matines du premier des quatre dimanches qui mènent au Carême. Le Pape actuel pointe lui aussi l’attention sur la notion de pénitence, de manière à ce que les chrétiens puissent redécouvrir à travers les sacrements la réconciliation en soi, avec autrui et avec Dieu.

Pour exhorter la vraie repentance, l’Eglise place devant nos yeux l’image de la parabole du Pharisien et du Publicain qui montent au Temple pour prier et dont l’un est justifié à cause de son humilité et de sa contribution sincère. Ce qui importe est la réparation ; les efforts qu’elle requiert s’apparentent à des formes spécifiques de pénitence personnelle. Il s’agit pour chacun de nous de réparer les tort faits à autrui de la façon la plus scrupuleuse et complète qui soit, mais pas forcément publique.

Par ailleurs, la pénitence est composée de la tristesse de ne pas avoir répondu à Dieu et simultanément de la joie de ne pas être condamné. Son but est de donner au fidèle le sens de la réconciliation, en montrant combien cet acte est libérateur et porteur de fruits. Le sacrement de la réconciliation réactualise notre baptême, ce cadeau qui nous rappelle que nous sommes déjà sauvés par Dieu qui continue, à l’égard du pécheur, d’aimer sans jamais faillir. A cette névrose liée au sentiment de culpabilité succède progressivement le besoin d’une libération intérieure. Faire pénitence, c’est avant tout revenir sur la voie tracée par le Christ, celle qui sauve et où la personne, même la plus exclue, n’est jamais écrasée.

En tant que prêtre confesseur je dois avouer que, durant mon ministère, le Seigneur m’a transformé et uni davantage à Lui : le sacrement de la réconciliation est un trésor de rencontres humaines et spirituelles où le prêtre et le pénitent sont témoins l’un pour l’autre de l’amour salvateur de Dieu. Car quel que soit notre état d’âme, Dieu est synonyme d’amour et de pardon.

« Seigneur, nous nous agenouillons devant Toi, modestement, Toi qui as souffert pour nous. Accorde-nous Ton pardon et Ta grande miséricorde! »

Père Théodore

lundi 28 février 2011

Comment appliquer l’enseignement de l’Eglise à propos du Carême ?

                                                              
Nous vivons actuellement dans une vaste société urbaine, technique qui compose avec le pluralisme de ses croyances religieuses, le sécularisme de sa vision du monde, et où les chrétiens, – et notamment les Orthodoxes –, constituent une minorité insignifiante. Comment, dans ce contexte, être fidèle au Carême ? Pouvons-nous redécouvrir le ‘’bain’’ de repentance et de renouveau que le Carême est censé être ? En faire de nouveau une force spirituelle dans la réalité quotidienne de notre existence ?

Si le Carême a perdu progressivement de son influence sur nos vies, c’est que consciemment ou non, nous avons réduit la religion à un nominalisme et à un symbolisme superficiels, ce qui est précisément une façon de passer à côté et d’évincer le sérieux des exigences de la religion sur nos vies qui sont synonymes d’engagement et d’effort ; un appel spirituel qui demande une réponse, une décision, un plan, un effort continu. C’est la raison pour laquelle les semaines de préparation au Carême furent établies pour l’Eglise Orthodoxe, les cinq dimanches du pré-carême :

Dimanche de Zachée : le désir,
Dimanche du publicain et pharisien : l’humilité,
Dimanche du fils prodigue : le Retour d’exil,
Dimanche du carnaval : le Dernier jugement,
Dimanche du laitage : le pardon.

Nous devons méditer en fonction de notre vie, de notre situation familiale, des obligations professionnelles, de nos occupations matérielles et de notre relation aux êtres humains. En lisant le psaume 137, nous commençons à comprendre ce que signifie « sentir avec l’Eglise » et comment une période liturgique peut colorer la vie quotidienne. Le Carême est une occasion de changement, de renouveau, d’approfondissement. C’est pourquoi nous devons prendre cette occasion au sérieux.

Si donc le Carême est pour l’homme une redécouverte de sa foi, il est aussi pour lui une redécouverte de la vie, de son sens divin et de sa profondeur sacré. C’est en nous abstenant de la nourriture que nous redécouvrirons sa douceur et que nous réapprendrons à la recevoir de Dieu avec joie et gratitude. C’est en réduisant les divertissements et les conversations superficiels que nous redécouvrirons la valeur dernière des relations humaines, du travail de l’homme et de son art. Et ceci parce que nous redécouvrirons Dieu lui-même, parce que nous retournerons à lui, à tout ce qu’il nous a donné dans Sa miséricorde et Son amour infinis.

Père Théodore

mardi 15 février 2011

Discours d'Alain Juppé, Ministre de la Défense et Maire de Bordeaux

         Cette distinction récompense trente-huit années de ministère ecclésiastique et d'engagement au service des Bordelais. 
         Né le 1er janvier 1947 à Sarakina en Grèce, le père Papanicolaou émigre en France en septembre 1972. 
         Installé à Bordeaux, le Père Papanicolaou est depuis 1972 recteur et archiprêtre orthodoxe grec de l'église Saint Nicolas de Bordeaux. Pendant ces trente-huit années, il a su, par sa personnalité rayonnante, non seulement rassembler les membres de la communauté grecque de la ville, mais aussi des chrétiens de toutes confessions. 

         Sa grande ouverture d'esprit, son attention aux autres, son accueil sans faille ont fait de cette petite paroisse un lieu de rencontres et d'échanges ouvert à tous. Sa participation au Comité Interreligieux est un exemple de sa volonté de dialogue. 
         Parallèlement à ses fonctions, le père Papanicolaou enseigne le grec moderne dans des collèges et lycées de 1973 à 2007 et à l'université Michel de Montaigne Bordeaux III de 1976 à 1993. 

         Aujourd'hui à la retraite, le père Papanicolaou continue à dispenser des cours dans diverses associations culturelles sur Bordeaux et son agglomération. 
         Désireux de transmettre son savoir, il consacre de nombreux articles en grec et en français dans des revues spécialisées et prépare actuellement un ouvrage rassemblant différentes homélies et médiations. 

         Il participe à des conférences et organise des manifestations cultuelles et culturelles à Bordeaux et en Gironde. 
        Bénéficiant de la double nationalité grecque et française, le père Papanicolaou, désireux de resserrer les liens entre ces deux nations, est l'instigateur de jumelages intercommunaux franco-helléniques en Gironde, ainsi que des jumelages interscolaires. 

Autres récompenses:
_Deux médailles d'or de la ville du Haillan en tant que "propagandiste infatigable de l'hellénisme et de la francophonie"
_Médaille de bronze de la ville de Kalambaka
_Médaille d'or et Croix de Saint Stéphane du Patriarche œcuménique Bartholomée 1er de Constantinople pour son œuvre ecclésiastique.

        C'est ainsi avec un grand honneur que je vous remets, père Théodore Papanicolaou, l'insigne de chevalier dans l'ordre national du Mérite. 

Monsieur Alain Juppé,
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants
Maire de Bordeaux
Premier Vice-Président de la C.U.B.

Discours du Père Théodore à l'occasion de l'ordre national du mérite

Monsieur Le Maire et 1er Vice Président de la Communauté Urbaine de Bordeaux,
Monsieur Le Consul de Grèce à Bordeaux,
Mesdames Les Présidentes des Associations Cultuelle et Culturelle grecques de Bordeaux,
Mes Chers frères, compatriotes et philhellènes,


Je ne peux débuter ce discours sans en passer au préalable par les remerciements. En premier lieu, à vous, Monsieur le Maire, je tiens à exprimer ma très sincère et profonde gratitude pour votre participation à cette distinction qui m’est attribuée aujourd’hui et d’avoir accepté d’être mon parrain. Etre décoré par vous relève plus que d’un grand honneur, et je tiens pour cela à vous remercier de tout cœur.  
 Sans pouvoir les citer tous, je dois remercier bien évidemment tous mes collaborateurs, mes compatriotes, mes amis philhellènes qui m’ont fait confiance, épaulé et ont été un soutien depuis maintenant presque quatre décennies. Les résultats sont ici aujourd’hui qui parlent et qui témoignent d’un travail fructueux. Nous avons pu réaliser ensemble, certes avec quelques sacrifices, un véritable projet commun dont nous pouvons être fiers.
Je remercie surtout ma famille. De par mes activités diverses je n’ai pas vu grandir mes enfants et mes petits-enfants. Sans l’aide et le soutien de mon épouse, je n’aurais jamais pu accomplir seul ce que j’ai réalisé aujourd’hui. Je partage avec elle cette haute distinction et je suis reconnaissant de sa grande patience à l’égard des nombreuses réunions, conférences et soirées grecques auxquelles mes responsabilités de prêtre et de professeur me tenaient d’assister, et où j’ai dû la laisser seule avec mes enfants.
Mes remerciements vont également au groupe de paroissiens qui, sous le couvert de l’anonymat, a milité secrètement pour que j’obtienne cet honneur ô combien inattendu pour moi. 
Enfin, merci à toutes et à tous qui êtes venus si nombreux pour participer et partager ce bonheur. Que le Seigneur, notre Dieu, vous garde et vous guide dans chaque pas de votre vie.
Χίλια μύρια, εγκάρδια ευχαριστήρια πατρικά   

C’est avec une émotion profonde que je me tiens, aujourd’hui, parmi vous, dans ces magnifiques locaux de la mairie, qui signifie pour moi l’aboutissement et la consécration d’un long travail multiple, varié, et combien compliqué à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté hellénique de Bordeaux ; un travail mené avec altruisme et qui n’a eu d’autre but que d’apporter un témoignage spirituel et culturel, ainsi qu’un partage de sentiments fraternels qui touchent le cœur de l’homme. Mon souhait fut, dès l’origine, d’enrichir mes concitoyens et de m’enrichir à travers eux, toujours dans un respect mutuel, celui de mon pays d’accueil, de sa philosophie, de son histoire, de ses coutumes et de sa politique démocratique.
J’ai essayé modestement, dans notre microcosme, de rapprocher mes deux pays, la France et la Grèce, en mariant leurs villes, leurs universités, leurs écoles, leurs associations. En effet, la Gironde est le département en France qui compte actuellement le plus grand nombre de jumelages avec les villes de Grèce. Ces échanges franco-helléniques ont permis de faire connaître et de vivre à une autre échelle la culture des deux pays, l’une complétant l’autre.
Monsieur Le Maire, l’Europe ne peut se réaliser que dans les papiers. Nous devons nous efforcer de vivre dans la proximité, les uns à côté des autres, par le biais du mélange des cultures, de manière à créer des liens fraternels indéfectibles entre les nations. En somme, un vrai œcuménisme dans la pratique et non seulement dans la théorie.
Cela passe notamment par le grec moderne que j’enseignais – et que je continue d’enseigner – dans tous les milieux ; une langue diachronique qui a nourri les langues occidentales d’un vocabulaire considérable.
Certes, il est vrai que la Grèce traverse actuellement une crise économique  sans précédent. Mais ce pays d’une histoire et d’une civilisation coryphées de toutes les autres, pays que vous, Monsieur le Maire, aimez tant et qui reste ancré dans votre cœur, n’en est pas à son premier combat. Et je persiste à croire que la Grèce sortira vainqueur et a encore beaucoup à offrir à l’Europe, ainsi qu’à toute l’humanité.
Je tiens à partager cette distinction avec ma Communauté, car c’est un honneur collégial. A mon arrivée à Bordeaux, en 1972, j’ai trouvé une paroisse dispersée et divisée que j’ai réussi à ressouder et à faire prospérer avec toute mon affection paternelle. Il n’y avait alors que quarante-huit familles grecques. Actuellement elles sont recensées au nombre de trois cent quatre-vingt. Je n’oublie pas ceux qui m’ont aidé et donné leur contribution à la communauté grecque et qui nous ont malheureusement quitté.
 Je n’ai à aucun moment regretté ce que j’ai pu accomplir depuis mes premiers pas en France. Je suis fier et rempli de bonheur. Je pourrais probablement en faire davantage et mieux encore, mais mes forces et mes possibilités arrivent bientôt à terme. Il a fallu me battre et faire face aux ingratitudes, mais la vie pastorale est ainsi : on ne peut parvenir à la résurrection sans passer par la crucifixion et la souffrance qui l’accompagne.
La France, ce pays que j’aime, m’a accueilli, m’a protégé, m’a nourri d’une culture si philosophique, si humaine. Je la remercie et suis très reconnaissant pour tout le bien qu’elle m’a apporté à moi ainsi qu’à ma précieuse famille. De ce fait, je vous assure, Monsieur le Maire, de mon dévouement et de mon service absolu auprès de la ville de Bordeaux. Vive la France et vive la Grèce!

Père Théodore

Un cœur franco-grec (article du "Sud-Ouest")

Théodore Papanicolaou décoré hier soir pour son action culturelle et religieuse entre la Gironde et la Grèce.

 Théodore Papanicolaou décoré du Mérite national hier soir à la mairie de Bordeaux.  Photo Philippe Taris

Théodore Papanicolaou décoré du Mérite national hier soir à la mairie de Bordeaux. Photo Philippe Taris


Il se définit volontiers comme le berger qui, par sa présence, empêche que les moutons ne se dispersent. C'est ce rôle fédérateur que sa famille et les membres de la communauté grecque orthodoxe ont voulu saluer en engageant à son insu les démarches auprès de l'ordre national du Mérite. Théodore Papanicolaou, 64 ans, recteur orthodoxe de Bordeaux depuis 1972, a été fait chevalier hier dans les salons de l'hôtel de ville sous le parrainage d'Alain Juppé.
Cela fera quarante ans en 2012 que l'homme a quitté sa Thessalie natale pour la France et Bordeaux où il s'est installé en octobre de cette année-là. À l'époque, la communauté orthodoxe bordelaise comptait une cinquantaine de familles et disposait seulement d'une petite église à l'extrémité de la rue du Jardin public près du cours du Médoc. « Une paroisse dispersée et divisée », se souvient Théodore Papanicolaou, avec des messes célébrées de façon irrégulière faute de prêtre permanent.
« Enrichir mes concitoyens » Entouré de bénévoles, et non sans difficultés, il s'est efforcé, sur le plan religieux, de redynamiser la paroisse et, sur le plan culturel, de rapprocher les deux pays. « Mon souhait fut, dès l'origine, d'enrichir mes concitoyens et de m'enrichir à travers eux, toujours dans un respect mutuel », raconte-t-il.
Aujourd'hui, la communauté grecque de Bordeaux compte 380 familles. La Gironde est le département avec le plus grand nombre de jumelages (Le Haillan, Talence, Langoiran, Lacanau) avec des villes grecques. Vingt-quatre classes entretiennent des échanges scolaires. À deux reprises la ville du Haillan a distingué ce « propagandiste infatigable de l'hellénisme et de la francophonie ».
Cours de grec moderne Marié à une professeure de français dans une école catholique girondine, père de deux enfants, lui-même enseignant de grec moderne à Bordeaux 3, dans des collèges, auprès d'associations culturelles (il a eu Isabelle Juppé comme élève durant deux ans), Théodore Papanicolaou possède logiquement la double nationalité.
Son pays d'accueil, il est vrai, doit beaucoup à son pays d'origine, où il retourne chaque année en famille, qu'il s'agisse des domaines de la philosophie, de la politique ou du vocabulaire ; 37 % des mots français du langage scientifique ont une origine grecque. Deux pays mais une culture, celle « des Grecs anciens qui ont mis l'homme très haut », insiste le récipiendaire.

Michel Monteil (Sud-Ouest)
http://www.sudouest.fr/2011/02/15/un-coeur-franco-grec-318967-625.php



Vous trouverez quelques images qui immortaliseront cette magnifique cérémonie et fête pour notre communauté dans la galerie photos.

vendredi 11 février 2011

L’Occident doit-il redécouvrir les Pères de l’Eglise ?

                                                            
La vie patristique et la Tradition sainte de l’Eglise permettent aux frères chrétiens de l’Occident un retour aux sources qui se révèle être un moyen de se réapproprier les grandes expressions de la foi chrétienne. Dans Les Catéchèses, livre passionnant consacré aux Pères de l’Eglise, le Pape Benoît XVI explique comment ont été élaborées les grandes vérités de la foi. On trouve des réponses aux questions qui nous tourmentent et auxquelles les Pères ont été eux-mêmes confrontés. Donc découvrir les Pères s’avère être un ressourcement énorme! Ceux qui apprennent à les lire se rendent compte combien leurs écrits abordent les questions vitales dans un langage assez concret, notamment les traces de ce qui constitue le point de départ, le choc de la Résurrection du Christ.

Il  semble a priori impossible d’étudier la théologie sans se référer aux Pères, qui ont progressivement transcrit le contenu de la foi en Jésus Christ, « imbus et portés par l’Esprit Saint », selon la signification de l’adjectif « pneumatophores ». Aujourd’hui, leurs réponses sont d’actualité, et il est fort conseiller d’aller faire « une promenade aux jardins des Pères de l’Eglise » pour avoir une satisfaction d’affirmation de la foi et du partage. Ils ont été les témoins de la naissance de l’Eglise, ont donné sa forme, sa manière de penser. C’est pourquoi nombreux sont les chrétiens qui s’intéressent à la lecture patristique des textes bibliques, car cela les aide à obtenir un discernement face aux questions essentielles.

Les Pères de l’Eglise, par leur prédication et leurs écrits, ont influé soit sur le développement de la doctrine chrétienne, soit sur la formation du comportement chrétien, parce qu’ils unissaient en eux les caractéristiques constantes de la sainteté de vie, de la sagesse et de l’ancienneté. Sans oublier que la culture Européenne a été profondément  marquée par le christianisme, et lorsque l’on désire comprendre le monde contemporain, il est indispensable de se documenter sur ce qu’il a réalisé.

L’Orthodoxie estime que la paternité ne suppose pas nécessairement l’Antiquité. Elle suggère de plus qu’un père n’est pas forcément un écrivain. Derrière l’appellation de « Pères », elle entend les Pères du désert et les grands instituteurs de la vie monastique, car leur travail d’ascèse de direction spirituelle est éminemment doctrinal.

Père Théodore

vendredi 4 février 2011

Visite irénique de l’Archevêque d’Athènes, Mgr Jérôme, au patriarcat orthodoxe d’Antioche

                                                            
Du 20 au 31 janvier 2011, l’Archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, Monseigneur Jérôme, a effectué une visite au Patriarche grec d’Antioche, en commençant par le siège du Patriarcat à Damas. Ce déplacement à l’étranger fait partie des visites iréniques qu’effectue chaque nouveau primat d’une Eglise orthodoxe autocéphale aux différents primats des Eglises orthodoxes locales.

 « Je sens une grande crainte et émotion quand je pense que nos racines viennent d’ici et que c’est là que nous avons reçu le nom de « chrétiens ». Notre visite est le renouvellement de nos relations, l’affirmation de notre amour et de rester unis en tant que chrétiens. L’Eglise de Grèce souhaite poursuivre le dialogue entre nos deux Eglises, dans la charité et la vérité », a déclaré Monseigneur Jérôme au Patriarche Syriaque orthodoxe Zaka. Ce dernier l’a remercié pour son aide apportée à la formation cléricale et ecclésiale des clercs de l’Eglise Syriaque orthodoxe, et a signalé aussi que « la langue grecque est devenue une langue officielle dans [son] institut de théologie ».

Il me semble que d’informer, de partager, de sensibiliser, de conscientiser, de communiquer par la parole et l’image, – une diaconie de témoignages pour cultiver et nourrir le « discernement » et « la communion » –, proposent des échelles de réflexions sur des questions qui font débat et qui pourraient être d’intérêt pour le plérôme de l’Eglise orthodoxe, et en général de l’Eglise Chrétienne. Ce n’est que par le dialogue fraternel et sincère, cordial et vrai que l’on peut rétablir l’Unité de nos Eglises et parvenir à une Eglise du Christ unique, apostolique et universelle.

Père Théodore